Une éducation qui passerait par le jeu ?

En 2014, bientôt 2015, la vie d’un collégien ou d’un lycéen français ressemble malheureusement beaucoup à celle qu’on menait dans les années 1980-90-2000s. Apprendre, mémoriser, souffrir, régurgiter et mémoriser encore… Est-ce qu’on ne pourrait pas apprendre autrement ? par le jeu par exemple, mais pas que ?

Les vieux c… parlent des jeunes c…

topazeAvec une soeur prof, un beau-frère prof, un meilleur ami prof et une longue lignée d’ancêtres profs, certains sujets de conversation dominicaux retombent souvent : de l’anecdote du pater familias qui a été éduqué par des curés à la baguette (littéralement) au constat désolant de jeunes profs qui ne se sentent pas en sécurité ou baissent les bras devant les profondeurs insondables de la débilité de certains élèves. Si bien entouré, on est soi-même tenté de ne surtout pas jeter d’huile sur le feu et d’attendre que ça passe mais la vérité, c’est que profs et élèves sont victimes de programmes et de théories pédagogiques poussiéreux.

Peut-être qu’il fut un temps, jadis, où on pouvait apprendre le latin, les départements français par cœur, etc. à des élèves trop effrayés (par les profs ou les parents) pour être indisciplinés. Est-ce qu’il faut regretter ce temps-là ? Est-ce que ce savoir sera vraiment utile dans le monde où on vit actuellement ? Avant de me taxer d’utilitariste, je tiens à dire qu’en vieille c….. moi aussi, je pense que la culture G c’est important et qu’il n’y a rien de plus désespérant qu’un Américain qui ne peut pas situer Washington sur une carte… Mais entre connaître tous les parties du cheval en allemand (véridique, mon frère le raconte encore) et ne suivre que 4 matières par semestres comme au Canada, il y a peut-être une moyenne ?

Le jeu comme façon d’apprendre

Ce sont des mômes dont on parle, à qui on essaie de façonner une cervelle bien remplie, pas des adultes alors pourquoi ne pas partir du principe qu’un enfant c’est habitué à jouer ? Ils auront tout le temps d’être sinistre une fois adultes, en attendant voici quelques exemples qui montrent qu’apprendre en s’amusant c’est possible.

La Géographie… mother fuck… !

Des souvenirs douloureux remontent : les bassins industriels allemands, les zones économiques du Japon, arggggghhhh ! Et cette introduction de cours déplorable du genre “Aujourd’hui, nous allons voir l’industrie sur le territoire allemand !” … Pourquoi ? A quoi ça sert ? Aucune idée mais comme j’ai 14 ans, je la ferme et j’ingère le bassin de la Ruhr et autres données absurdes sans contexte. Moi dimanche, j’ai joué à ça pendant 1 heure : http://www.travelpod.com/traveler-iq  C’est mon mari qui me l’a montré, ensuite ma mère est arrivée, puis mon père, bref c’est devenu un jeu apéro d’intellos. N’empêche…. si j’avais révisé de cette manière pour le bac, j’aurais pas eu 3,5 en géo sur cette #{[~#$ù*! de carte du Japon.

Anglais, Allemand, Espagnol… tous punis !

Vous qui jouez sans doute à d’affreux jeux sataniques comme World of Warcraft ou Diablo III, est-ce que vous vous rendez compte à quel point on parle anglais sur les tchats de jeu ? “Hey, don’t close the rift, I have to spend my blood cristals !” (en plus, en général, on parle mieux que les anglais ou les américains parce qu’on connaît pas tous les raccourcis). De même, si vous faites partie des méchants pirates qui téléchargent des séries 6 mois avant qu’elles ne sortent en France avec un doublage infernal, vous vous rendez compte de tout ce qu’on regarde en V.O. simplement parce qu’on est passionnés (ou que les doubleurs sont mauvais) ?

Pourquoi on nous a fait manger du verbe irrégulier avec un entonnoir coincé dans la gorge au lieu de nous donner une bonne raison de se faire comprendre dans une langue étrangère ? Je ne pense pas qu’aux jeux vidéo (non, non) mais perso, la série Friends aura fait plus pour mon anglais que les profs mous et fainéants qui se contentent de faire faire les exos dans un cahier d’anglais acheté par les parents…

Les Maths… Kill Me Now !

Il existe un phénomène étrange dans l’enseignement des mathématiques. Quand on est petit, on nous pose des problèmes plutôt concrets à la Topaze genre le bassin d’eau qui se remplit ou le nombre de bonbons dans la poche. Et puis, au fil des années, on perd tout contact avec la réalité… on commence à nous parler de fonctions, d’inconnues, d’intégrales, de nombres réels (y en a des pas réels ? des invisibles ?)… et on s’étonne qu’une moyenne de 15 passe à 1,5 en fin de terminale… D’accord, certains y arrivent et même beaucoup mais est-ce qu’on aurait pas pu en sauver plus si on avait câblé ça avec du concret ou en essayant de jouer avec ?

Exemple : Dans ce jeu de maths, vous êtes le seul à pouvoir repousser les extraterrestres grâce à la force de votre esprit ! Si vous calculez suffisamment vite le résultat de l’opération, un éclair jaillit de votre casque et élimine l’extraterrestre. Ah si ça existait pour comprendre le programme de 2nde à terminale…

jeu de maths

L’Histoire et la Philo… de comptoir

Est-ce que ces 2 matières, telles qu’elles sont enseignées (Marignan ?), servent à autre chose qu’à deviner avant le participant du Maillon Faible ou à faire de la philo de comptoir après 3 bières (notez que ressortir l’idée d’une histoire universelle au point de vue cosmopolitique, de Kant, sujet unique de mon année de terminale, c’est chaud) ? Pour l’Histoire, je pense forcément au jeu de rôle, je suis persuadée qu’une bonne partie de “Te Deum pour un massacre” permettant de “vivre” un court instant les guerres de religion serait certainement plus marquant qu’un cours magistral. Ca marche aussi avec des jeux qui permettront de plonger l’élève dans une époque, avec des anecdotes, des décisions à prendre dans le contexte.

Tenez, imaginez un prof d’histoire qui orienterait tout son cours sur le voyage dans le temps et ce que feraient les élèves s’ils étaient à différentes époques…. bref on peut rêver. Quant à la philosophie, si tous les profs sont persuadés que des jeunes de 16 ans sont incapables d’un raisonnement de qualité, alors pourquoi s’ennuyer à leur faire cours ? En revanche, des cours où on pourrait s’interroger sur des problématiques actuelles en faisant remarquer que ça se rapproche des idées d’un tel à tel siècle ou que l’origine du problème remonte à tel événement à telle époque, ce serait peut-être plus intéressant ?

Le Français je le parle très mieux que vous et je vous m….

Apparemment, le ministère de l’éducation a déjà commencé à baisser les bras, vous avez remarqué ? Plus de dictées, plus de dissert’ de 2 pages doubles, et surtout plus de points enlevés pour les fautes d’orthographe, y en a même qui ont arrêté les notes (y a des couleurs maintenant…. OMG). Par contre, côté termes abscons, ils sont très inventifs ! Vous savez ce que c’est, vous, un substantif ?

Un substantif est une unité lexicale (généralement un mot) qui désigne une chose ou une notion par elle-même. Autrement dit, c’est un mot qui tient une fonction de nom dans une phrase. Toutefois, le terme substantif a une signification plus large que celui de nom, car un substantif peut être un mot d’une autre catégorie grammaticale (adjectif, verbe, déterminant ou autre) qui est utilisé dans une phrase en tant que nom. (Wikipedia)

Perso, je fais très peu de fautes et je m’exprime correctement (demi-finaliste Dicos d’or, wow j’étais vraiment une “dork”) alors à quoi c’est dû ? Certainement pas aux dames du CDI qui virent les élèves à la récré parce qu’ils doivent s’aérer (pét….asses). Non, plus sérieusement, le français, c’est une épreuve. Là encore, plutôt que de te faire utiliser ta propre langue dans des situations courantes ou sur des projets qui t’intéressent, on t’oblige à lire les bouquins les plus déprimants genre “Une vie”, de Maupassant ou “Paroles de poilus”, dur quand même. Qui oserait proposer aux élèves d’écrire leur propre comic book ou leur nouvelle fantastique ou leur gazette de Poudlard, bref quelque chose qui leur parle quoi…

Les sujets qu’on aborde jamais à l’école

Ca pour savoir que le miracle économique japonais a eu lieu dans les années 1950-1960s y a du monde (et encore, quand on dort pas les yeux ouverts en classe) ! Par contre, pour avoir des notions de droit (genre comment ça marche la justice en France), de journalisme (tiens papa lit un canard de droite ?) ou d’informatique (alors pour mettre mon CV de saisonnier en PDF je fais comment ?)… là y a plus personne. Mais bon c’est pas grave, des citoyens qui ne savent pas à quoi servent leurs impôts, qui ne savent pas défendre leurs droits ou critiquer les médias et le gouvernement, c’est plus pratique et du moment qu’ils distinguent le naturalisme et le réalisme, tout va bien en France !

Le prof rôliste qui expérimentait

Ca critique, ça critique mais d’autres essaient de mettre en pratique : http://www.classcraft.com/fr/  (et c’est traduit en français !!!)

Classcraft from Classcraft on Vimeo.

Ca vous inspire quoi ? Vous seriez partants pour ce genre d’éducation ludique et pratique ???

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