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Framework de l’école agentique 2030

Il y a un constat que plus personne ne conteste, ni dans les salles des professeurs, ni dans les cours de récréation : le système scolaire français arrive à saturation. Des deux côtés du bureau, l’usure est là.

Constater, c’est bien. Proposer des réponses, c’est un devoir. Il existe aujourd’hui des outils qui ne sont pas encore sur la table de l’Éducation nationale mais qui apportent déjà des réponses concrètes dans le privé. OCR, LLM, algorithmes de correction, frameworks agentiques : dans mon corps de métier, ce sont des outils du quotidien depuis trois ans. Pour le monde enseignant, ce sont encore des termes étrangers. Il y a là un décalage d’usage à combler, pas un fossé technologique.

Cet essai part du constat, puis propose un framework : un cadre global d’apprentissage pour l’école moderne. Je choisis le terme « moderne » à dessein, car ce ne sont pas des technologies de demain. Ce sont celles que nous employons déjà quotidiennement dans les métiers du tertiaire et en entreprise privée.

Cette réflexion s’inscrit dans la continuité des travaux de Howard Gardner sur les intelligences multiples et sa récente prise de position sur l’IA en éducation. Là où Gardner pose la vision, cet essai tente d’en proposer l’architecture. 

Constats sur l'enseignement en 2026

Côté enseignant, la liste des irritants ressemble à un cahier de doléances que personne ne lit plus. Des classes à 30 élèves où chaque enfant mériterait un accompagnement sur mesure. Des heures de correction qui s’empilent le soir et le week-end. Des réunions pédagogiques où l’on parle de différenciation sans avoir les outils pour la pratiquer. Des élèves en difficulté que l’on voit décrocher sans pouvoir intervenir à temps, faute de bras, faute de minutes dans la journée. Un métier que l’on a choisi par vocation et qui se transforme, année après année, en course d’obstacles administratifs. On ne devient pas enseignant pour remplir des tableaux Excel. On le devient pour voir des yeux s’allumer.

Côté élève, le tableau n’est pas plus réjouissant. Un rythme unique pour trente cerveaux différents. Des exercices identiques pour celui qui a compris en trois secondes et pour celui qui aurait besoin de trois jours. Un cours magistral face à une génération qui vit dans l’interaction permanente. Des évaluations qui mesurent un instant, rarement une progression. Et, en toile de fond, la certitude diffuse que l’école prépare à un monde qui n’existe déjà plus tout à fait.

Ces irritants ne sont pas des fatalités. Ils sont, pour la plupart, des problèmes de bande passante. Un enseignant seul face à trente élèves est structurellement incapable de personnaliser trente parcours, de détecter trente types de blocages, de corriger trente copies en profondeur tout en préparant le cours du lendemain. Ce n’est pas une question de compétence ou de motivation. C’est une question de mathématiques. Et si la solution venait justement de là ?

Framework de l'école agentique 2030

Vision générale : L’école de 2030 repose sur un paradigme nouveau : l’enseignant n’est plus un transmetteur de savoir, mais un orchestrateur de la connaissance. Chaque élève dispose d’un agent IA dédié qui l’accompagne dans et hors de la classe. Le programme national reste le socle commun, mais l’apprentissage devient adaptatif, personnalisé et continu.

Le framework couvre deux blocs : le bloc primaire (CP-CM2) et le bloc collège (6e-3e).

Architecture du système

Schéma de ma conception de l'école du futur.

Les trois couches

Couche nationale (Éducation nationale) Le programme annuel de chaque niveau est subdivisé en blocs de connaissances numérotés et séquencés. Chaque bloc correspond à un objectif pédagogique mesurable. Une base de données agentique est maintenue par matière, contenant les ressources, exercices types, grilles d’évaluation et barèmes de progression. Des fichiers SKILL.md spécialisés adressent les problématiques spécifiques : dysorthographie, dyscalculie, dyslexie, troubles de l’attention, malvoyance, daltonisme, surdité partielle, etc.

Couche établissement (équipe pédagogique) Chaque enseignant est indépendant dans le pilotage de sa matière. Il déploie le programme, conçoit ses séquences et crée les exercices. En revanche, les mémoires élèves sont transversales : un fichier de mémoire unique par élève (eleve_[id].md) est partagé en lecture par tous les enseignants et en écriture par chacun dans sa section dédiée. Ce choix architectural est fondamental car il permet de détecter des corrélations entre matières. Un élève qui bloque en géométrie et en arts plastiques révèle peut-être un problème de repérage spatial. Un élève brillant en rédaction mais faible à l’oral en anglais ne manque pas de vocabulaire, il manque de confiance.

Couche individuelle (agent élève) Chaque élève dispose d’un agent personnel alimenté par sa mémoire transversale, son profil de préférences et l’historique de ses interactions. Cet agent est accessible en classe sur tablette e-ink et hors classe via une application mobile.

Réponse à la question de gouvernance

Les enseignants restent indépendants dans leurs choix pédagogiques. Chaque professeur décide de la manière dont il aborde les blocs de connaissances du programme. Mais la mémoire de l’élève est transversale et partagée. C’est la clé du système : l’élève est un tout, pas une collection de matières cloisonnées. Concrètement, la mémoire de chaque élève est structurée ainsi :

memoire_eleve_[id].md

## Profil général
– Préférences, loisirs, projet professionnel
– Style d’apprentissage identifié
– Contexte particulier (SKILL.md appliqués)

## Français (Mme Dupont)
– Points bloquants : accord du participe passé avec avoir
– Points forts : argumentation, vocabulaire riche
– Dernière mise à jour : 12/11/2030

## Mathématiques (M. Karim)
– Points bloquants : fractions, proportionnalité
– Points forts : géométrie, logique
– Dernière mise à jour : 15/11/2030

## [Autres matières…]

## Observations transversales
– Corrélation identifiée : difficulté de repérage spatial (géométrie + arts plastiques)
– Note de l’équipe : proposer bilan orthoptique

Chaque enseignant écrit dans sa section. Les observations transversales sont alimentées collectivement lors des conseils de classe ou via des alertes automatiques du système.

Matériel et outils de l'école moderne

Côté élève

Tablette e-ink avec stylo L’écran e-ink est choisi pour trois raisons : fatigue visuelle réduite, autonomie de plusieurs jours et sensation d’écriture proche du papier. Le stylo permet l’écriture manuscrite, essentielle au développement cognitif, particulièrement en primaire. Les copies manuscrites sont numérisées en temps réel via la couche logicielle de la tablette.

Application mobile (hors classe) L’agent dédié est disponible en dehors des heures de cours via une application mobile. L’élève peut converser avec son agent, revoir des notions, faire des exercices adaptés. Le système de motivation repose sur un mécanisme de crédits de temps : chaque session de travail sur l’application débloque des minutes de réseaux sociaux. Par exemple, 15 minutes d’exercices de mathématiques débloquent 10 minutes de réseau social. Ce ratio est paramétrable par les parents et l’équipe pédagogique. Le temps de réseau social est plafonné quotidiennement.

Côté enseignant

Numérisation et pré-correction Les copies physiques (cahiers, feuilles d’examen) sont numérisées via un scanner ou photographiées. Un logiciel d’OCR retranscrit le contenu en texte numérique. Les copies numériques issues de la tablette e-ink sont déjà exploitables directement.

Une première passe de correction est effectuée par des modèles déterministiques : vérification orthographique, calculs mathématiques, conformité aux consignes formelles (longueur, structure). Cette pré-correction ne remplace pas l’enseignant. Elle surligne les erreurs factuelles et propose une note indicative que l’enseignant valide, ajuste ou refuse.

Data visualisation L’enseignant dispose d’un tableau de bord en temps réel avec deux niveaux de lecture :

Vue classe : distribution des résultats par bloc de connaissances, identification des zones de difficulté collective, progression globale sur le programme annuel.

Vue élève : courbe de progression individuelle, carte des points bloquants et des acquis, historique des exercices et résultats, comparaison avec la moyenne de la classe (anonymisée pour l’élève).

Mise à jour des agents Après chaque évaluation corrigée, l’enseignant met à jour la mémoire de l’élève et programme un cursus de recommandations d’exercices. L’agent de l’élève intègre ces recommandations et les propose lors des sessions hors classe.

Système de notation de l'école agentique

La notation individuelle repose sur deux composantes pondérées :

Progression sur le programme général (coefficient 2) Mesure l’avancement de l’élève sur les blocs de connaissances du cursus national. C’est l’indicateur de conformité au socle commun. Un élève peut être en avance, dans les temps ou en retard par rapport au séquençage prévu.

Progression sur les difficultés spécifiques (coefficient 1) Mesure l’évolution de l’élève sur ses propres points bloquants. C’est l’indicateur d’effort et de progression personnelle. Un élève qui part de loin mais progresse régulièrement est valorisé, même si son niveau absolu reste en dessous de la moyenne.

Cette double pondération évite deux écueils : négliger le programme commun au profit de la personnalisation, ou ignorer les efforts individuels au profit d’une norme unique.

Profil de début d'année

Chaque élève remplit en début d’année un questionnaire structuré. Les réponses alimentent un fichier profil_eleve_[id].md qui devient le socle de personnalisation de l’agent. Ce fichier est consultable par les enseignants et par les parents.Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

profil_eleve_[id].md

## Identité
– Prénom usuel : Léa
– Classe : 4e B

## Centres d’intérêt
– Loisirs : équitation, dessin manga, jeux vidéo (Zelda, Animal Crossing)
– Lectures préférées : mangas, romans fantastiques
– Sports pratiqués : équitation (compétition), natation

## Projet professionnel
– Métier envisagé : vétérinaire
– Domaines qui l’attirent : biologie animale, sciences de la nature
– Ce qu’elle aime dans ce métier : “soigner les animaux et être dehors”

## Style d’apprentissage (auto-évaluation)
– Préfère apprendre : par l’exemple et la pratique
– Travaille mieux : seule, le matin
– Difficulté reconnue : “les maths, surtout les fractions”

## Contexte
– Aucun SKILL.md spécifique appliqué

Ce profil permet à l’agent de contextualiser les exercices. Un problème de mathématiques pour Léa pourra être formulé autour du dosage de médicaments pour un cheval plutôt qu’autour d’un problème abstrait. Un exercice de rédaction en anglais pourra porter sur la description d’un animal. L’objectif pédagogique reste le même, mais l’ancrage dans les centres d’intérêt de l’élève améliore l’engagement et la rétention.

Projets trimestriels collaboratifs

Chaque trimestre, les élèves sont répartis en groupes de trois pour réaliser un projet lié à la matière. Ces projets mobilisent les connaissances du trimestre en cours et développent les compétences transversales : travail en équipe, gestion du temps, présentation orale.

Exemple 1 : français (4e, trimestre 2)

Projet : créer un podcast narratif de fiction

Le groupe de trois élèves écrit et enregistre un épisode de podcast de 8 à 10 minutes. Le récit doit intégrer au moins deux figures de style étudiées pendant le trimestre (métaphore filée, ironie) et respecter un schéma narratif complet. Les élèves répartissent les rôles : un scénariste principal, un réviseur/correcteur, un réalisateur sonore. La note intègre la qualité narrative, la maîtrise de la langue et la dimension orale.

L’agent dédié aide chaque élève dans son rôle : correction orthographique pour le scénariste, suggestions de reformulation pour le réviseur, conseils de diction pour le réalisateur.

Exemple 2 : mathématiques (5e, trimestre 1)

Projet : concevoir un plan d’aménagement d’une cour de récréation

Le groupe reçoit un plan à l’échelle de la cour de l’établissement et un budget fictif. Il doit proposer un réaménagement en utilisant les notions de géométrie (aires, périmètres, échelles) et de proportionnalité du trimestre. Chaque élément ajouté (banc, terrain de sport, jardin) doit être dimensionné, chiffré et positionné sur le plan. Le groupe présente son projet devant la classe avec un calcul de coût total.

L’agent dédié fournit des exercices d’entraînement sur les calculs d’aire avant le projet et vérifie la cohérence des calculs en cours de réalisation.

Exemple 3 : sciences de la vie et de la Terre (6e, trimestre 3)

Projet : documenter un écosystème local

Le groupe choisit un écosystème accessible (mare, haie, jardin, parc urbain). Pendant quatre semaines, les élèves observent, photographient et documentent les espèces végétales et animales rencontrées. Ils produisent un carnet d’observation numérique structuré sur leur tablette e-ink, avec classification des espèces, chaîne alimentaire identifiée et analyse des interactions entre les êtres vivants. Le rendu final est un document illustré accompagné d’une présentation orale.

L’agent dédié aide à l’identification des espèces via reconnaissance d’image et propose des fiches de connaissances adaptées au niveau de chaque élève.

Exemple 4 : histoire-géographie (3e, trimestre 1)

Projet : réaliser un documentaire court sur un lieu de mémoire local

Le groupe identifie un monument, une plaque commémorative ou un site historique dans leur commune. Ils mènent une enquête : recherches documentaires, visite du lieu, éventuellement interview d’un historien local ou d’un responsable municipal. Le résultat est une vidéo de 5 minutes qui contextualise le lieu dans les événements étudiés au programme (Seconde Guerre mondiale, décolonisation, selon le trimestre). Le groupe doit articuler sources primaires et secondaires et exercer un regard critique sur la mémoire collective.

L’agent dédié fournit des repères chronologiques personnalisés et aide à la structuration du scénario documentaire.

Exemple 5 : technologie (5e, trimestre 2)

Projet : prototyper un objet connecté simple

Le groupe conçoit et réalise un prototype fonctionnel d’objet connecté répondant à un besoin identifié dans le collège (capteur de température pour la serre, compteur de passage à la cantine, indicateur de disponibilité d’une salle). Le projet mobilise les notions de programmation (blocs logiques, capteurs, actionneurs) et de conception (cahier des charges, schéma fonctionnel). Le prototype est réalisé avec du matériel de type micro:bit ou Arduino. Le groupe rédige un cahier des charges, documente sa démarche et présente le prototype en fonctionnement.

L’agent dédié accompagne le débogage du code et propose des tutoriels adaptés au niveau de chaque élève en programmation.

Bloc primaire : spécificités (CP-CM2)

Le bloc primaire suit la même architecture mais avec des adaptations :

L’agent est plus directif et ludique. Les interactions prennent la forme de jeux, de quiz et d’histoires interactives plutôt que d’échanges textuels longs. L’écriture manuscrite sur tablette e-ink est prioritaire en CP-CE1 pour l’apprentissage du geste graphique. L’application mobile est sous contrôle parental strict : les crédits de réseaux sociaux sont remplacés par des crédits de temps de jeu éducatif ou de contenu vidéo adapté.

Les projets trimestriels par groupes de trois existent dès le CE2, avec un accompagnement plus fort de l’enseignant. En CP-CE1, les projets sont collectifs (classe entière) et guidés.

Le profil de début d’année est rempli avec l’aide des parents pour les classes de CP à CE2, puis progressivement par l’élève seul à partir du CM1.

Bloc collège : spécificités (6e-3e)

Le bloc collège introduit la multi-disciplinarité des agents. L’élève n’a qu’un seul agent, mais celui-ci est alimenté par toutes les matières. L’autonomie de l’élève dans l’utilisation de l’agent augmente progressivement : en 6e, les sessions hors classe sont guidées et courtes. En 3e, l’élève peut mener des recherches approfondies et utiliser l’agent comme outil de révision autonome pour le brevet.

Le système de crédits de réseaux sociaux est calibré par tranche d’âge et validé par le conseil de classe en début d’année. Les parents disposent d’un droit de veto et de paramétrage complémentaire.

Les fichiers SKILL.md spécialisés

 

La base nationale propose des fichiers SKILL.md qui modifient le comportement de l’agent pour les élèves concernés :

SKILL_dysorthographie.md : l’agent reformule les consignes avec un vocabulaire simplifié, propose des exercices de dictée progressive, met en évidence les règles orthographiques sous forme visuelle (codes couleur) et tolère un seuil d’erreur plus élevé avant de signaler un mot comme incorrect.

SKILL_dyscalculie.md : l’agent décompose systématiquement les opérations en étapes élémentaires, propose des représentations visuelles des quantités (barres, camemberts), évite les énoncés à étapes multiples et fournit des outils de vérification intermédiaire.

SKILL_malvoyant.md : l’agent adapte la taille des caractères, utilise des contrastes élevés, privilégie les descriptions textuelles aux schémas, propose une synthèse vocale pour les contenus longs et adapte les exercices pour qu’ils soient réalisables sans repérage visuel fin.

SKILL_tdah.md : l’agent découpe les sessions en séquences courtes (5 à 10 minutes), intègre des pauses actives, propose des objectifs micro-granulaires avec récompense immédiate et réduit les distracteurs dans l’interface.

SKILL_haut_potentiel.md : l’agent propose des exercices de complexité supérieure une fois le bloc de connaissances validé, introduit des problèmes ouverts et des défis transversaux, et peut accélérer le rythme de progression sur le programme tout en maintenant les projets collaboratifs au rythme du groupe.

Flux de travail type d'un enseignant

  1. Préparation de séquence : l’enseignant consulte le bloc de connaissances du programme, sélectionne ou crée ses supports, et programme la séquence dans le système.
  2. En classe : l’enseignant dispense son cours. Les élèves prennent des notes sur tablette e-ink. L’agent est en mode passif (il n’intervient pas pendant le cours, sauf activation par l’enseignant pour un exercice interactif).
  3. Évaluation : les copies (numériques ou physiques numérisées par OCR) passent par la couche de pré-correction déterministique. L’enseignant reçoit les copies annotées avec les erreurs factuelles surlignées et une note indicative.
  4. Correction et validation : l’enseignant corrige, ajuste les notes, ajoute des commentaires pédagogiques. Il valide la correction finale.
  5. Mise à jour des agents : en fonction des résultats, l’enseignant met à jour la section de la mémoire de chaque élève. Il programme les exercices de remédiation ou d’approfondissement que l’agent proposera lors des sessions hors classe.
  6. Consultation du tableau de bord : l’enseignant visualise la progression de la classe et identifie les tendances. Si un bloc de connaissances pose problème à plus de 40 % de la classe, il planifie une séance de reprise collective.

Considérations éthiques et garde-fous

Données personnelles : les mémoires élèves sont hébergées sur une infrastructure souveraine. Les données ne quittent pas le périmètre de l’Éducation nationale. Les parents disposent d’un droit d’accès, de rectification et de suppression. Les données sont purgées deux ans après la fin de la scolarité de l’élève.

Rôle de l’IA : l’agent ne remplace jamais l’enseignant. Il ne prend aucune décision pédagogique autonome. Chaque recommandation d’exercice est validée ou programmée par l’enseignant. L’agent ne communique pas de note à l’élève, seul l’enseignant le fait.

Réseaux sociaux : le système de crédits ne doit pas créer de dépendance. Un plafond quotidien strict est appliqué. Le mécanisme est transparent : l’élève sait exactement combien de temps il gagne et combien il a consommé. Les parents peuvent désactiver entièrement cette fonctionnalité.

Équité : chaque élève dispose du même matériel. Les tablettes e-ink sont fournies par l’établissement. L’application mobile fonctionne sur tout smartphone. Une version hors ligne est disponible pour les zones à faible connectivité.

Note de fin

Cet essai n’a pas la prétention d’apporter une réponse définitive. Il trace une piste. Les briques technologiques décrites ici existent, les irritants qu’elles pourraient résoudre sont documentés, et l’architecture proposée tient sur le papier. Mais le papier n’est pas une salle de classe.

Un framework ne vaut que par l’épreuve du réel. Les enseignants qui liront ces lignes y trouveront certainement des angles morts, des cas non couverts, des simplifications qui ne résistent pas à la complexité d’une classe de 5e un vendredi après-midi de novembre. C’est normal. C’est même souhaitable.

L’étape suivante, si ce travail trouve un écho, serait une école pilote. Un établissement volontaire, une équipe pédagogique motivée, un périmètre restreint, peut-être deux ou trois classes sur un trimestre, avec un protocole d’évaluation rigoureux. Pas pour prouver que l’idée est bonne, mais pour découvrir où elle casse, où elle tient, et ce qu’elle devient au contact des élèves et des professeurs.

Ce texte est une invitation à tester. Si ce framework a une valeur, il ne se révélera pas dans ces pages, mais dans une salle de classe, face à de vrais élèves et des enseignants qui acceptent que le savoir et la transmission évoluent…

Florent Chevalier  – 21 Février 2026

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