Interview jdr đŸŽČ Ynn Pryddein / HervĂ© Bourgade

Ynn Pryddein, c’est un jeu de rĂŽles mĂȘlant mythes et histoires. On est trĂšs enthousiaste, il fallait que la communautĂ© en sache plus et faire connaitre le projet pour les autres… Dans ce JDR on navigue sous des influences diverses (haut Moyen Âge, celtiques, nordiques, romaines et mĂ©diterranĂ©ennes) mais orchestrĂ©es avec cohĂ©rence.

Interview JDR : Ynn Pryddein et son auteur Hervé Bourgade

Dernier projet en date des Ă©ditions Posidonia, Ă©diteur associatif qui centralise un foisonnement d’univers Ă  jouer originaux. Ynn Pryddein est en cours de financement participatif sur la plate-forme gameon tabletop. HervĂ© Bourgade l’auteur des textes a pris le temps de nous partager sa passion et de nous en apprendre plus sur ce projet pas comme les autres … 
PrĂ©parez-vous c’est une interview fleuve qui vous emmĂšnera par de lĂ  les feux de Beltaine… 

À l’origine, qu’est-ce qui a dĂ©clenchĂ© l’idĂ©e de Ynn Pryddein ?

HervĂ© : À l’origine du projet, la crĂ©ation d’un univers pour Donjons & Dragons 3.0. Autant dire que les prĂ©misses du projet sont anciennes
 Mon ambition Ă©tait de retourner aux sources de la fantasy moderne : de crĂ©er un univers aussi proche que possible des textes de J.R.R. Tolkien et R.E. Howard, tout en intĂ©grant les mythes et lĂ©gendes de l’Europe du Nord (celtes, germaniques et scandinaves). Les elfes restaient petits avec des oreilles pointues, mais on les appelait des sidhes – et le niveau technologique et culturel Ă©tait celui du Haut Moyen-Âge, pĂ©riode mal connue et donc intĂ©ressante Ă  jouer. Par la suite, Ă  force de me documenter, d’approfondir mes recherches, je me suis dĂ©tachĂ© complĂštement de l’idĂ©e d’un univers fantasy « classique » et j’ai voulu puiser profondĂ©ment Ă  la source premiĂšre des Ă©crits de Tolkien et Howard. Je me suis rendu compte que les mythes et lĂ©gendes dont je m’inspirais Ă©taient mal connus (en partie car la culture celte Ă©tait de tradition orale), dĂ©prĂ©ciĂ©s ou altĂ©rĂ©s par la christianisation de l’occident, voire pire : associĂ©s Ă  des mouvements extrĂ©mistes (l’utilisation que certains font de la croix celtique me rĂ©vulse Ă  la fois en tant que « celtophile » et croyant). Il vous suffit d’aller dans n’importe quelle librairie et de regarder le rayon mythologies & lĂ©gendes : les mythes grĂ©co-romains (que j’apprĂ©cie Ă©galement) se taillent la part du lion parce qu’ils sont parvenus jusqu’à nous via les Ă©crits des contemporains de la pĂ©riode. Les mythes scandinaves ont aussi fait une belle percĂ©e ces derniĂšres annĂ©es (je pense que la sĂ©rie « Vikings » a fait beaucoup pour l’engouement Ă  ce sujet, mais avant cela, pour ma part, ce sont les comics Marvel qui ont Ă©tĂ© ma premiĂšre approche). Alors que pour les mythes celtiques, peu d’ouvrages, et encore moins d’ouvrages sĂ©rieux. On trouve certes des livres sur les mythes arthuriens, mais ceux-ci rĂ©sultent pour beaucoup d’interpolations d’origine chrĂ©tienne Ă  partir de mythes antĂ©rieurs purement celtiques. Idem pour le rayon Histoire, vous y trouverez des rangĂ©es entiĂšres sur l’histoire de la GrĂšce et de Rome. On parle un peu des gaulois (souvent rangĂ©s avec les livres sur la prĂ©histoire d’ailleurs
), les Scandinaves n’existent qu’au dĂ©but de l’Ăąge viking, la Grande-Bretagne quant Ă  elle existe pour la conquĂȘte romaine, puis cesse d’ĂȘtre intĂ©ressante Ă  partir du retrait de Rome, jusqu’à la conquĂȘte de Guillaume le ConquĂ©rant
 Quant Ă  l’Irlande, elle entre dans l’histoire des livres en français au moment de la colonisation anglaise. Beaucoup d’auteurs et Ă©diteurs français ne s’intĂ©ressent Ă  la pĂ©riode du Haut Moyen-Âge qu’au niveau des conquĂȘtes franques
 Le reste de l’Europe est invisible
 Soyons justes : ce qui se passe en GrĂšce aprĂšs la pĂ©riode classique et en Italie aprĂšs la chute de l’Empire romain d’occident les intĂ©resse fort peu aussi
 Mon idĂ©e Ă©tait donc, Ă  travers un univers fantasy, de pousser le public rĂŽliste Ă  s’intĂ©resser Ă  des pĂ©riodes souvent inconnues et, qui sait ? À se rĂ©approprier des mythes et lĂ©gendes qui font autant partie de notre patrimoine que les mythes grĂ©co-romains. Un petit cĂŽtĂ© « Gaulois rĂ©fractaire » peut ĂȘtre quand j’y pense 😉

Illustratrice - Axelle "Psychée" Bouet

Ynn Pryddein tient son inspiration des mythes celtiques, gaĂ©liques, nordiques et ceux de l’imaginaire arthurien, comment rassemblez-vous toutes ces lignes dans une mĂȘme temporalitĂ© ?

HervĂ© : La mythologie est pour moi intemporelle
 Il n’y qu’Ă  voir de nos jours : on continue de raconter ces mythes Ă  travers de nouveaux mĂ©dias, tels que cinĂ©ma, TV, bande dessinĂ©e, et mĂȘme jeux vidĂ©os
 Comme le dit un proverbe Ă©cossais : « Bonne histoire ne se gĂąte pas pour ĂȘtre dite deux fois. » Je pense par ailleurs que pour les populations prĂ©-chrĂ©tiennes, les mythes Ă©taient « rĂ©els » et qu’ils ont continuĂ© d’exister aprĂšs la christianisation sous une autre forme (bien des vies de saints reprennent en grande partie des mythes paĂŻens, quand le saint lui-mĂȘme n’est pas un dieu dont la christianisation va du subtil au franchement Ă©vident). Quant aux mythes arthuriens, je m’intĂ©resse Ă  eux pour le souffle Ă©pique qu’ils dĂ©gagent et pour l’aventure qui est lĂ , prĂ©sente, au dĂ©tour d’un sentier
 DĂšs qu’ils quittent le giron de Camelot, les chevaliers entrent dans des contrĂ©es non cartographiĂ©es, sauvages, oĂč le danger et le mystĂšre les attendent. C’est cette ambiance que je voulais retranscrire dans Ynn Pryddein. Il existe, comme je l’ai dĂ©jĂ  mentionnĂ©, une dimension hautement celtique dans les lĂ©gendes arthuriennes (le nom Arthur vient de la racine « Art » qui signifie « Ours » dans les langues celtiques). Il suffit de gratter dĂ©licatement le vernis d’amour courtois et de christianisme (je prĂ©cise au passage que je suis chrĂ©tien et croyant) qui y ont Ă©tĂ© appliquĂ©s par les premiers transcripteurs de ces mythes pour les rendre « religieusement corrects » pour rĂ©vĂ©ler des rĂ©cits presque archĂ©typaux de la culture celtique. La relation entre Arthur et Merlin ressemble fortement Ă  la relation entre le roi et le druide dans les mythes irlandais par exemple. Aussi, la place de GueniĂšvre et de ses amants (sans doute gommĂ©s au fil du temps pour ne garder que Lancelot). Dans la mythologie celtique : la reine reprĂ©sente la souverainetĂ©, or la souverainetĂ© ne peut appartenir qu’à un seul individu
 C’est aussi pour cela que Mordred veut Ă©pouser GueniĂšvre, non pas par concupiscence, mais pour s’approprier la souverainetĂ© afin de devenir le roi lĂ©gitime. J’aurais aussi pu parler de Gauvain qui ressemble beaucoup Ă  Cuchulainn, au Graal qui serait (entre autres) un avatar du chaudron d’abondance du Dagda, mais je vais m’arrĂȘter lĂ  sinon ça va finir en confĂ©rence


Illustratrice - Axelle "Psychée" Bouet

Dans son approche et la fusion entre histoire et lĂ©gendes, qu’est-ce qui diffĂ©rencie Ynn Pryddein de LĂ©gendes Celtiques, Keltia, Yggdrasil, OikoumĂšne, etc. ou mĂȘme Pendragon ?

HervĂ© : La principale diffĂ©rence tient dans le jeu lui-mĂȘme, Ynn Pryddein s’appuie sur l’histoire et l’archĂ©ologie pour crĂ©er un monde « crĂ©dible » qui oscille entre une ambiance rĂ©aliste presque « historique » et une ambiance lĂ©gendaire proche du mĂ©diĂ©val-fantastique. L’ƒkumen (l’Europe alternative dont Ynn Pryddein fait partie) n’est pas notre monde, mais une sorte d’uchronie celtique. Il ressemble suffisamment Ă  notre histoire pour que l’on puisse s’y sentir familier, mais il en diffĂšre assez pour que l’on soit quand mĂȘme dĂ©paysĂ©. Bien qu’il dispose d’une chronologie dĂ©taillĂ©e visant Ă  lui donner une certaine profondeur et Ă©voquant l’Europe, ce n’est pas l’Europe du Haut Moyen Âge.
Pour comparer avec les jeux Ă©voquĂ©s : LĂ©gendes celtiques se dĂ©roule pendant l’Ăąge du fer (soit plusieurs siĂšcles avant la pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence d’Ynn Pryddein) et si j’ai une grande tendresse pour ce jeu qui ouvrit le chemin et permit aux rĂŽlistes des annĂ©es 80 de dĂ©couvrir la culture celtique, il faut tout de mĂȘme avouer qu’il accuse un peu son Ăąge. Les systĂšmes des annĂ©es 80 Ă©taient souvent complexes, et LĂ©gendes Celtiques ne fait pas exception Ă  cette rĂšgle. En outre, nos connaissances sur les celtes et leur culture a beaucoup progressĂ© depuis quarante ans que ce soit par l’archĂ©ologie ou les recherches sur la numismatique, les langues celtiques et la mythologie comparĂ©e (pour ne citer que quelques domaines de recherches).
En ce qui concerne Yggdrasil et Keltia, je n’ai dĂ©libĂ©rĂ©ment pas lu les jeux en question, afin d’éviter toute influence. Si j’ai bien compris, ces jeux sont Ă  base historique avec les lĂ©gendes scandinaves et galloises en sus. Ynn Pryddein s’en distingue au moins Ă  deux Ă©gards. En premier lieu, Ynn Pryddein essaie de reprendre toutes les lĂ©gendes celtiques parvenues jusqu’à nous, et modĂšle son univers sur l’ensemble des cultures celtiques. En second lieu, le systĂšme de rĂšgles de Ynn Pryddein lui-mĂȘme, totalement original, est dĂ©libĂ©rĂ©ment modelĂ© sur un mode de pensĂ©e celtique et les croyances des celtes parvenues jusqu’à nous.
Pour Pendragon : c’est un de mes jeux favoris
 Et j’ai commencĂ© par adapter 2-3 scĂ©narios Pendragon pour Ynn Pryddein avant d’écrire les miens. En revanche, ce n’est clairement pas historique ! MĂȘme si la 2e Ă©dition tentait de donner une vague coloration historique, on est loin du Haut Moyen Âge. La place des femmes dans le matĂ©riau qui a servi d’inspiration (et mĂȘme dans les scĂ©narios), mis Ă  part comme rĂ©compense ou moteur de scĂ©nario, est aussi la portion congrue – alors que les sociĂ©tĂ©s celtiques accordaient aux femmes une place bien plus importante. Pendragon est pour moi en exacte adĂ©quation avec ce qu’il veut simuler : les lĂ©gendes arthuriennes vues par des auteurs comme ChrĂ©tien de Troyes ou Thomas Malory avec « le morte d’Arthur », qui s’éloignent fort des lĂ©gendes celtiques
 DerniĂšre diffĂ©rence, dans Pendragon et Keltia, vous jouez des compagnons du roi Arthur. Dans la campagne officielle d’ Ynn Pryddein, vous ĂȘtes l’Ă©quivalent du roi Arthur.
La pĂ©riode de rĂ©fĂ©rence d’OikoumĂ©nĂ© est l’antiquitĂ© et plus prĂ©cisĂ©ment l’an 270 avant notre Ăšre, c’est-Ă -dire environ 1000 ans avant celle d’Ynn Pryddein, avec un systĂšme gĂ©nĂ©rique puisque l’on y joue des personnages de toutes origines.

Illustrateur - Guillaume Delacour

Graphiquement Ynn Pryddein vous amĂšne Ă  quels challenges pour vos illustrateurs ?

HervĂ© : Cela m’oblige Ă  leur donner un maximum de sources. C’est aussi lĂ  qu’est la diffĂ©rence d’Ynn Pryddein avec d’autres jeux dits « fantasy ». Dans un jeu mĂ©diĂ©val-fantastique lambda, un guerrier peut avoir une cotte de mailles, une armure de cuir cloutĂ©, une armure de plates ou n’importe quoi d’autre
 En raison de l’orientation historique, il existe en raison de la pĂ©riode historique de rĂ©fĂ©rence, des types d’armement prĂ©cis pour les royaumes et pour les groupes sociaux. Les soldats du roi de Caspiaris par exemple sont inspirĂ©s par l’armement des armĂ©es romaines tardives : ce qui implique un armement trĂšs diffĂ©rent des romains qu’on voit dans les films (ou les documentaires d’ailleurs ce qui est nettement plus grave), qui portent des armures lamellaires semblables Ă  celle visibles dans AstĂ©rix depuis la fondation de Rome jusqu’à sa chute. Les Ă©pĂ©es, les casques, les boucliers Ă©voluent au cours de l’histoire
 L’illustration de la « guerriĂšre au corbeau » (dont le modĂšle est une amie) reprĂ©sente une cheffe de guerre au moment de l’invasion de Pryddein par l’Empire Taenarien (un empire de type grĂ©co-romain avec un soupçon de perse et de Carthage). Sa pĂ©riode historique de rĂ©fĂ©rence est donc la guerre des gaules et la conquĂȘte des Ăźles britanniques, de sorte que son armement sera diffĂ©rent de celui d’un combroge vivant Ă  l’Ă©poque du jeu. Mais le souci du dĂ©tail va aussi dans les bijoux, comme les fibules (sortes d’Ă©pingles Ă  nourrice servant Ă  attacher les vĂȘtements) oĂč chaque culture Ă  ses formes de prĂ©dilection. La fibule d’un « combroge » (un habitant d’Ynn Pryddein) sera trĂšs diffĂ©rente de celle d’un barbare bjorning (membre d’une peuplade de type saxonne). J’ai fait des recherches sur les chaussures du Haut Moyen- ge pour un dessin par exemple. Du coup si je ne veux pas perdre de temps et agacer les artistes talentueux-ses qui travaillent avec moi, il me faut faire des recherches en amont afin de leur donner des modĂšles pour les habits ou l’armement du personnage qui va ĂȘtre illustrĂ©. Il arrive que je fasse des exceptions, en plaçant des objets non compatibles avec la pĂ©riode historique, pour des objets « magiques » qui se sont transmis de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration


Quand on parle de financement participatif, qu’est-ce que vous attendez de vos participants/backers en dehors de l’aspect pĂ©cunier ?

HervĂ© : De l’amour ? Des fans-art ? (rires) Non sĂ©rieusement
 Ma foi qu’ils parlent du projet autour d’eux ça serait dĂ©jĂ  trĂšs aimable de leur part. La guerre des prĂ©commandes participatives se gagne aussi via les rĂ©seaux sociaux et le bouche Ă  oreille. J’ai fait beaucoup de dĂ©monstrations par-ci, par lĂ  au cours des 16 annĂ©es de dĂ©veloppement du jeu (c’est dire son niveau de maturitĂ©) et si je ne peux pas toucher directement toutes ces personnes, un(e) participant(e) pourra directement ou indirectement me rappeler Ă  leur bon souvenir ? Cela passe aussi par les questions sur le jeu, auxquelles je m’efforce de rĂ©pondre. Sans ĂȘtre omniprĂ©sent, je suis sur plusieurs forums (Ynn Pryddein a d’ailleurs son espace dĂ©diĂ© sur le forum « les Salons de la Cour d’ObĂ©ron ») Ă  la fois donc on peut me trouver facilement. Par exemple, j’ai un backer qui veut faire jouer le scĂ©nario disponible dans le Kit d’Initiation paru en 2013 en partenariat avec le webzine « les Songes d’ObĂ©ron ». Il a eu une idĂ©e originale pour faire un prologue au scĂ©nario, et m’a posĂ© des questions. Au plaisir simple qu’on s’intĂ©resse Ă  mon Ɠuvre, vient s’ajouter celui de participer Ă  dĂ©velopper une Ɠuvre crĂ©atrice autour d’Ynn Pryddein. Enfin, s’ils ont des idĂ©es, des suggestions pour la prĂ©commande (goodies particuliers par exemple ?) qu’ils nous en fassent part Ă  Posidonia et moi.

Illustratrice - Axelle "Psychée" Bouet

Quelles sont les inspirations récentes pour Ynn Pryddein ?

HervĂ© : Parmi les livres historiques, le plus rĂ©cent que j’ai commencĂ© qui m’ait donnĂ© des idĂ©es pour Ynn Pryddein c’est :
« VercingĂ©torix, chef de guerre » par Alain Deyber. Il n’est pas dans la bibliographie (fixĂ©e il y a environ 2 ans au moment oĂč les premiĂšres relectures ont commencĂ©), donc je le cite ici. J’avais envie de dĂ©velopper l’aspect « batailles rangĂ©es » pour Ynn Pryddein dans les scĂ©narios que j’utilise en dĂ©monstration (la campagne officielle comporte quant Ă  elle plusieurs grandes batailles), et si le livre de base comporte toutes les rĂšgles permettant de les simuler, ce livre me permet de mieux les dĂ©crire et de mieux faire apprĂ©hender les complexitĂ©s de leur prĂ©paration aux joueurs (notamment la diffĂ©rence entre un commandement centralisĂ© et hiĂ©rarchique de type romain et l’entourage compliquĂ© d’un chef de guerre celte, souvent enchevĂȘtrĂ© dans ses relations interpersonnelles). Il comporte en outre un lexique des termes militaires qui justifierait presque son achat Ă  lui tout seul.
Pour les romans : le cycle gaulois des « Rois du Monde » de Jean-Philippe Jaworski, est un « must-read », je suis un fan de la premiĂšre heure et ce cycle est juste
 GĂ©nial, que ce soit pour le style ou l’histoire en elle-mĂȘme (mais aussi pour le plaisir de lire une Ă©popĂ©e celtique se dĂ©roulant en Gaule) et je ne dis pas ça parce qu’il m’a fait le plaisir et l’honneur de parler en bien d’Ynn Pryddein sur sa page Facebook. Les romans de ce cycle ont l’ambiance typique du mode de jeu « VercingĂ©torix » pour Ynn Pryddein que je cherche Ă  Ă©muler dans mes parties.
En BD, « Alix origines, l’enfance d’un gaulois » est trĂšs bien. Si la Guerre des Gaules n’est pas la pĂ©riode historique de rĂ©fĂ©rence d’Ynn Pryddein, il subsiste des coutumes qui viennent de l’Ă©poque. En fantasy pure, les deux premiers tomes des Chroniques de Prydain par Lloyd Alexander viennent de ressortir en français (et l’Ă©diteur semble bien parti pour traduire tout le cycle). C’est de l’excellente littĂ©rature jeunesse celtique ! On suit les aventures de Taran aide-porcher et de ses compagnons (un barde ratĂ©, une jeune fille qui a du sang fĂ©e, un nain qui peut se rendre invisible
). Les tomes le voient grandir petit Ă  petit, aussi n’est-il pas figĂ© dans une Ă©ternelle jeunesse. Plusieurs Ă©lĂ©ments d’Ynn Pryddein ont Ă©tĂ© inspirĂ©s par ces romans (dont Disney en 1985 a fait une adaptation en dessin animĂ© que je qualifierai de trĂšs moyenne
), eux-mĂȘmes fortement inspirĂ©s par les lĂ©gendes galloises. Ah oui, aussi, je conseille encore et toujours avec obstination le magazine Keltia ! C’est la meilleure source pour des articles sur l’histoire et la mythologie celtique. Avec en plus des conseils de musique, d’exposition, de lectures que ce soit des livres « sĂ©rieux » (histoire, archĂ©ologie, mythologie) ou de la fantasy, des romans policiers ou encore des livres d’illustrations, le tout liĂ© par le thĂšme celtique.

illustration de Guillaume Delacour

C’est quoi votre bande son idĂ©ale pour faire vivre et ressentir vos terres de lĂ©gendes ?

HervĂ© : Il existe une playlist Ynn Pryddein sur Youtube, c’est un mĂ©lange entre de la musique folk (irlandaise principalement), du heavy-metal « classique » ou inspirĂ© par les lĂ©gendes celtiques et nordiques (je crois qu’on range ça dans la catĂ©gorie « folk-metal » car ils utilisent aussi des instruments traditionnels, j’utilise le conditionnel pour ne pas choquer les puristes 😉 ), de la musique classique, des bandes originales de films (celle de Thor Ragnarok est trĂšs bien par exemple), de la musique pop-rock et instrumentale influencĂ©e par les lĂ©gendes celtes ou des Ɠuvres de fantasy (il y a une chanson magnifique sur l’histoire de Beren et Luthien par exemple)
 C’est classĂ© au grĂ© de mes envies, je rajoute des morceaux au fil de mes errances « youtubesques » (digne des voyages de Saint Brendan au minimum ;-)). C’est majoritairement accompagnĂ© par cette playlist que j’ai travaillĂ© et que je continue de travailler sur mon jeu
 Il m’arrive aussi parfois quand j’Ă©coute une musique qui n’a rien Ă  voir avec la culture celtique ou nordique de me dire qu’elle irait trĂšs bien avec un scĂ©nario. Par exemple dans la saga « L’espoir c’est ce qui meurt en dernier », campagne officielle pour Ynn Pryddein, le dernier chant (scĂ©nario) voit se dĂ©rouler une grande bataille, Ă©pique et il y a un moment prĂ©cis oĂč le morceau « Avengers Assemble » d’Alan Silvestri collerait parfaitement. Ou encore j’avais trouvĂ© une polyphonie corse sur Youtube, des voix d’hommes chantant ensemble, un rĂ©gal pour l’oreille. Comme je ne comprenais pas un traĂźtre mot, ça m’inspirait une cĂ©rĂ©monie mystĂ©rieuse, pourquoi pas pour un scĂ©nario en Peithan (ou bien pour un moment prĂ©cis du scĂ©nario « Le manteau de la vĂ©ritĂ© est doublĂ© de mensonges », qui sera prĂ©sent dans le livre de base d’Ynn Pryddein).

Pourquoi faire de l’heroic-fantasy dans un monde fictif ? Pourquoi ne pas placer vos histoires dans les lĂ©gendes celtiques/nordiques/arthuriennes dont elles reprennent l’inspiration ?

HervĂ© : La premiĂšre raison c’est la libertĂ© que cela m’accorde. Si je veux reprendre une partie de l’histoire d’un personnage mythique en le combinant avec le caractĂšre d’un autre et l’apparence particuliĂšre d’un dernier, personne ne sera choquĂ© et aucun puriste ni spĂ©cialiste ne viendra me reprendre. Prenons par exemple le royaume de Volsung dont l’histoire rĂ©cente fait penser Ă  la Normandie de Rollon (un pillard devient maĂźtre d’une partie du territoire qu’il pillait avec l’assentiment du souverain qu’il combattait auparavant). Auparavant le royaume se nommait Bedwyr, du nom de son premier roi. L’histoire de ce roi, Bedwyr, est inspirĂ©e par la lĂ©gende irlandaise de Nuada au bras d’argent avec un dieu qui forge le bras du roi coupĂ© dans une bataille. Mais j’y ai aussi inclus une version oĂč le souverain retrouve son bras avec l’aide d’un kornandon (nain). Je n’aurais pas pu mĂ©langer les lĂ©gendes nordiques et celtiques si j’avais voulu ĂȘtre 100 % fidĂšle. Un autre exemple ? Je place dans la bouche d’un hĂ©ros au nom gallois des propos attribuĂ©s Ă  Cuchulainn un hĂ©ros irlandais
 La deuxiĂšme raison, c’est l’envie de faire dĂ©couvrir ce matĂ©riau mythique par le biais de la fantasy. Je suis un fan d’heroic-fantasy et quelque part, je dirais qu’Ynn Pryddein est une rĂ©interprĂ©tation moderne des mythes et lĂ©gendes dans lesquels je puise mon inspiration. Le jdr et l’heroic fantasy sont des mĂ©dias de transmission et, toutes proportions gardĂ©es bien sĂ»r, j’aimerais me placer quelque part dans la continuitĂ©, en leur rendant hommage, des bardes d’antan qui transmettaient ces histoires en les adaptant Ă  leur public. C’est en lien avec le slogan de la page de crowdfunding : « Entendrez-vous le chant des bardes ? ».
Enfin la fantasy me permet d’autres choses, comme de faire jouer des crĂ©atures non-humaines restant Ă©quilibrĂ©es avec les personnages humains. Si j’Ă©tais 100 % fidĂšle au matĂ©riau d’origine, les sidhes celtiques et les dvergar nordiques seraient beaucoup trop puissants pour faire de bons personnages-joueurs. Il y a aussi la place des femmes. J’ai fait dĂ©couvrir le JDR Ă  mon Ă©pouse et je l’ai vue plus d’une fois frustrĂ©e par les contraintes historiques ou lĂ©gendaires d’un jeu relativement Ă  la place des femmes. Les femmes celtes Ă©taient plus libres que leurs homologues scandinaves, elles-mĂȘmes nettement plus autonomes que les femmes grecques ou romaines, mais tout de mĂȘme. Et il y aurait toujours eu un(e) puriste biclassĂ©(e) rĂąliste pour venir expliquer que : non il n’y a pas de femmes druides ou qu’une femme guerriĂšre c’est pas possible (bien que l’archĂ©ologie ait rĂ©cemment dĂ©couvert des tombes de combattantes « vikings » et que revoir les conclusions des archĂ©ologues d’il y a quelques dĂ©cennies ne serait sans doute pas du luxe
) La fantasy lui permet ainsi qu’aux autres joueuses prĂ©sentes Ă  mes tables de jouer ce qu’elles veulent (c’est d’ailleurs une des premiĂšres prĂ©cisions que je fais lors de mes dĂ©mos d’Ynn Pryddein !). Enfin j’aime aussi l’idĂ©e de jouer avec des idĂ©es de rĂŽliste
 Que serait-il passĂ© si les Romains avaient attaquĂ© la Gaule avec des magiciens intĂ©grĂ©s dans leurs armĂ©es, tandis que les druides auraient ripostĂ© avec leur magie religieuse et se faisaient aider par les fĂ©es ? Ynn Pryddein est l’une des rĂ©ponses possibles.
Enfin, last but not least, si je l’avais fait, je n’aurais pas su quoi rĂ©pondre Ă  votre question sur LĂ©gendes Celtiques, Keltia, Pendragon et Yggdrasill ;-).

Avant de prĂ©senter le projet, vous jouez/rĂȘvez/Ă©crivez depuis combien de temps dans l’univers de Ynn Pryddein ?

HervĂ© : Tout a commencĂ© en 2003 ou 2004. Comme je l’Ă©voquais plus haut, au dĂ©but j’avais prĂ©vu de faire jouer Yggdrasil (Ă  l’Ă©poque le jeu portait ce nom) avec le systĂšme d20. Soyons honnĂȘte, je n’ai pas travaillĂ© dessus de maniĂšre assidue et organisĂ©e pendant 6 ans. Je fonctionnais beaucoup Ă  l’inspiration
 Si un livre, un film, une sĂ©rie, une musique me faisait rĂȘver, me donnait des idĂ©es, alors je l’intĂ©grais dans Ynn Pryddein avec un bout de background par-ci, un morceau de rĂšgle par-là
 A partir de 2007-2008, l’univers de jeu Ă©tait quand mĂȘme assez structurĂ© (les 7 royaumes Ă©taient placĂ©s, leurs voisins Ă©galement, chaque royaume avait globalement sa spĂ©cificitĂ©), et je disposais d’une carte du monde (merci Ă  Bastien « Acritarche » Wauthoz pour avoir rĂ©alisĂ© la 3e version informatique, la 2e avait Ă©tĂ© auparavant rĂ©alisĂ© par un membre du forum de la FFJDR, il me semble). Comme cela motivait des gens sur le forum « Les salons de la Cour d’ObĂ©ron », j’ai lancĂ© une partie par forum qui m’a aidĂ© Ă  prĂ©ciser mes idĂ©es, Ă  dĂ©velopper divers aspects. Mais tout cela restait quand mĂȘme peu organisĂ©… En juin 2009, j’ai gagnĂ© le concours des Ă©ditions de la BAP et afin de commencer Ă  mettre en forme un vrai livre de base, j’ai rassemblĂ© en un seul document tous les fichiers Ă©pars (dont certains avaient plusieurs versions diffĂ©rentes) et je me suis astreint Ă  organiser les choses. Par quel royaume commencer ? Pourquoi ? Qu’est-ce que je garde dans tout ce que j’ai Ă©crit (je me suis forcĂ© Ă  enlever certains paragraphes intĂ©ressants mais non essentiels) ? Ensuite il a fallu « combler les trous ». J’avais beaucoup travaillĂ© sur certains royaumes (Dyfed, Reinhald et Volsung sont mes chouchous mais chut ! c’est un secret ;-)) et peu sur d’autres (Caspiaris, Rhuadan et Finnian par exemple)


Dans l’ouvrage qui sert de livre de base, proposez-vous un cadre de campagne pour dĂ©buter ?

HervĂ© : Le livre de base contient 4 scĂ©narios. Trois sont indĂ©pendants, le premier « Sur les rives du Na-Boinh » prend place en Reinhald, le deuxiĂšme « Le manteau de la vĂ©ritĂ© est doublĂ© de mensonges » se dĂ©roule en Volsung durant la fĂȘte de Samhain, et le dernier « Qui a perdu l’honneur, n’a plus rien Ă  perdre » commence en Finnian. Le 4e scĂ©nario se nomme « La reine de l’Air et des TĂ©nĂšbres ». Il est un peu spĂ©cial, car c’est le premier « chant » (c’est ainsi que je nomme mes scĂ©narios) d’une grande saga intitulĂ©e « L’espoir, c’est ce qui meurt en dernier », qui commence en Volsung et fait parcourir aux PJ tout Pryddein et une bonne partie de l’Oekumen. Mais le livre de base contient la description des 7 royaumes bien sĂ»r (j’ai mis une description trĂšs dĂ©taillĂ©e du sommaire sur mon blog) et je dispose d’un bon nombre de scĂ©narios Ă©crits par mes soins ou par un fan de la premiĂšre heure (et ami – coucou Erik !)qui pourront ĂȘtre mis Ă  disposition dans la presse rĂŽliste, accompagner un supplĂ©ment Ă©ventuel, ou tout simplement devenir l’un des paliers de la prĂ©commande participative. Pour l’anecdote, la plupart des titres de scĂ©narios sont issus de proverbes irlandais, Ă©cossais ou scandinaves (pour Volsung). Je dĂ©coupe la plupart du temps mes « chants » en trois « couplets », eux-mĂȘmes nommĂ©s selon des proverbes gĂ©nĂ©ralement. On garde l’aspect celtique jusqu’au bout.

Vous accordez Ă©galement de l’importance Ă  la rigueur et Ă  la reconstitution historique, notamment en ce qui concerne les mentalitĂ©s, les classes de personnages et les combats. Comment parvient-on Ă  concilier rĂ©alisme historique et univers de lĂ©gendes (par ex. pour les rĂšgles de combat, quand on songe aux exploits surhumains des hĂ©ros lĂ©gendaires) ?

HervĂ© : En fait, comme le dirait les druides « ce n’est pas difficile » ;-). La pratique des AMHE (que je conseille Ă  toutes et tous d’ailleurs ça permet de voir ce qu’on peut faire et ne pas faire « en vrai »), la reconstitution historique (combat gaulois) et le visionnage assidu de documentaires sĂ©rieux m’a permis de comprendre (Ă  peu prĂšs, car je n’ai jamais eu Dieu merci Ă  dĂ©fendre ma vie les armes Ă  la main) comment on se bat, comment on utilise les armes que les personnages d’Ynn Pryddein ont Ă  leur disposition et quels dĂ©gĂąts celles-ci peuvent faire

Je voulais que les combats soient fluides et rapides, tout en « collant » Ă  une certaine rĂ©alitĂ© matĂ©rielle. Ainsi, je voulais absolument que les joueurs de Ynn Pryddein soient conscients du rĂŽle indispensable du bouclier dans l’armement d’un guerrier celte, ainsi que l’avantage dĂ©terminant que donne une arme longue par rapport Ă  une arme courte (allez passer le fer d’une lance quand vous avez une Ă©pĂ©e courte et vous m’en direz des nouvelles). Je remercie ici mes maĂźtres d’armes : Vivien alias « Talagnatos » (qui triche nĂ©cessairement puisqu’il me bat systĂ©matiquement) et Eric alias « Carnyx » (qui m’a en outre fourni beaucoup de documentation). J’ai aussi souhaitĂ© que le systĂšme reflĂšte l’efficacitĂ© mortelle des flĂšches et la situation difficile d’un combattant dĂ©sarmĂ© face Ă  un guerrier armĂ©.
D’autres aspects ont Ă©tĂ© dĂ©libĂ©rĂ©ment laissĂ©s de cĂŽtĂ© : l’Ă©puisement Ă  combattre longtemps, surtout avec une armure et/ou un Ă©quipement dont le poids va renforcer la fatigue (certes les guerriers d’autrefois Ă©taient largement plus en forme que les sĂ©dentaires que nous sommes, mais tout de mĂȘme) la mortalitĂ© importante et les maladies post-affrontement par exemple

Ensuite, Ynn Pryddein a une spĂ©cificitĂ©, puisqu’il est prĂ©vu trois « modes de jeu », nommĂ©s en hommage Ă  des hĂ©ros celtiques. Sans modifier vraiment les rĂšgles, les modes de jeu peuvent varier au cours d’une mĂȘme campagne, voire au cours d’un mĂȘme scĂ©nario, notamment en fonction des actions des personnages :
– le mode de jeu VercingĂ©torix est quasi-historique ( « gritty » pour les anglophones branchĂ©s) dans son approche : les armes sont dangereuses, les personnages n’ont pas beaucoup de points de vie, et la magie relĂšve essentiellement de la superstition. Quand on charge un mur de boucliers hĂ©rissĂ© de lances, armĂ© seulement d’un ceste
 On meurt.
– Fionn Mac Cumail est le mode « hĂ©roĂŻque ». Les personnages sont plus rĂ©sistants, leur capacitĂ© d’influencer le cours des Ă©vĂ©nements augmente, les faĂ«s semblent exister rĂ©ellement, et une mutilation telle que la perte d’un bras devient qualifiante Ă  un destin glorieux, et les armes Ă  distance (armes de lĂąches bien entendu, un vĂ©ritable hĂ©ros affrontant toujours son ennemi en face Ă  face) font moins de dĂ©gĂąts

– Cuchulainn est le mode de jeu « mythologique ». Le personnage peut arrĂȘter une armĂ©e entiĂšre grĂące Ă  son spasme de furie, et sa magie lui permet de convoquer les armĂ©es de l’Autre Monde pour se battre Ă  ses cĂŽtĂ©s au cours de batailles Ă©piques. Son animal de compagnie du personnage peut porter un message Ă  ses alliĂ©s, et les dieux eux-mĂȘmes semblent s’intĂ©resser Ă  ses hauts faits.

Avec ces modes de jeu, Ynn Pryddein permet aux joueurs de faire l’expĂ©rience de tout le spectre lĂ©gendaire des cultures celtiques : depuis des rĂ©cits picaresques au niveau VercingĂ©torix jusqu’aux mythes fondateurs d’un substrat culturel occidental au niveau Cuchulainn, et ceci sans ĂȘtre contraints changer de personnage.

Vous Ă©voquez l’ƒkumen et le livre de base dĂ©crira briĂšvement l’Europe mythique. Est-ce que l’univers d’Ynn Pryddein s’étendra Ă  d’autres contrĂ©es, cultures et mythologies ?

HervĂ© : Le monde germanique et scandinave est Ă©voquĂ© dans le livre de base Ă  travers les Bjorningas et les BorĂ©ides. J’ai de la documentation aussi dessus puisqu’à l’origine j’avais prĂ©vu de dĂ©crire l’ensemble de l’Oekumen (j’Ă©tais jeune et fou, disons). Donc, pourquoi pas un supplĂ©ment dessus ? D’autant que j’avais Ă©crit un scĂ©nario oĂč les PJ sont des jeunes marins borĂ©ides (vikings) qui partent en expĂ©dition Ă  la dĂ©couverte des cĂŽtes de l’Oekumen (avec l’alternance de commerce et de pillages typiquement viking)
 Ce serait l’occasion de le replacer. Il y a aussi des populations nomades loin Ă  l’Est, j’ai aussi de la documentation sur ces peuples et c’est un domaine peu utilisĂ© en JDR. Mais lĂ  je demanderai de l’aide car Ynn Pryddein fut un long travail solitaire (en grec, il y a un mot « Kopos », qui dĂ©signe un travail lourd et Ă©crasant, et j’avoue que ces derniĂšres annĂ©es ce fut un peu le cas). Je dois cependant mentionner que j’ai reçu de nombreux coups de main, conseils et encouragements de mon entourage amical. Outre les vieux amis et playstesteurs de la premiĂšre heure, sans parler de mon cher grand-frĂšre (coucou François), je souhaite mentionner tout particuliĂšrement Ludovic « Xyrop » qui, tel le dieu Lugh, sait tout faire : coach, Ambacte*, artisan crĂ©ateur/modificateur de rĂšgles, briseur d’autosatisfaction ayant (trop) souvent raison qui m’a souvent aidĂ© Ă  me remettre en question quant Ă  mes choix de game-design, MĂ©lisande qui m’a pris sous son aile et m’a aidĂ© Ă  prĂ©senter Ynn Pryddein dans pas mal de conventions. Je veux Ă©galement remercier les rĂŽlistes frĂ©quentant les mĂȘmes forums que moi, et que pour certains, j’ai enfin rencontrĂ©s IRL quelque chose comme 10 ans aprĂšs ! Un pouce en l’air Ă©galement pour Stephan RamiĂ© qui a crĂ©Ă© la fiche de personnage pour Ynn Pryddein et que j’ai ENFIN eu le plaisir de voire au FIJ de Cannes fin fĂ©vrier dernier. Je tĂącherai donc de rĂ©unir une Ă©quipe motivĂ©e pour « explorer » le reste de l’Oekumen

* Un ambacte est le nom donnĂ© Ă  un porteur de boucliers, l’Ă©quivalent d’un Ă©cuyer


Quelques nouvelles Ă  nous donner sur les autres jeux Posidonia Éditions qui sortent cette annĂ©e ?

HervĂ© : Je vais laisser Philippe de Posidonia nous parler des autres jeux de mes « collĂšgues ». En tous cas, merci de cet entretien qui m’a permis de vous en dire plus sur les ambitions narratives d’Ynn Pryddein, et mes aspirations crĂ©atives lors de l’élaboration de ce jeu de rĂŽle.

Philippe : Cette année, en plus de Ynn Pryddein, nous développons 6 autres JDR. Les premiers sont :
* 2103 : la fin d’un monde, de Guillaume Etuy, un jeu d’anticipation
catastrophe teintĂ© de cyberpunk. 2103 parle de l’effondrement global en cours
et est basé sur des données scientifiques (rapport du GIEC etc.)
* Les Terres de Matnak de Mathieu Myskowski, un JDR merveilleux sombre
dans un univers de science fantasy ravagé par une mutation qui transforme les
humains en semi-bĂȘtes sauvages. Seule la ville de Matnak est Ă©pargnĂ©e.
* Emysfer
d’Olivier Ranisio, dans l’univers de la science fantasy mĂ©diĂ©vale, oĂč la magie
et la connaissance changent les rapports de force.
* Les chroniques du Lac d’Or, de Damien Girard et ChloĂ© François, est aussi
dans l’univers mĂ©diĂ©val-fantastique mĂȘlant avec un peu de magie la technologie
steampunk avec des animaux anthropomorphes.
Nous sommes également en développement de deux jeux, mais à plus longue échéance : Oxyde Rampant, de Stephan Ramié, et la réédition de P.I.R.A.T.E.S. de Stéphane Chaussat, Camille Schnakenbourg et David Coimbra.

Merci HervĂ© Bourgade et Philippe Jaillet de Posidonia Édition pour cette longue interview, qui s’il en Ă©tait besoin nous a donnĂ© encore plus envie de dĂ©couvrir Ynn Pryddein. 

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