Interview Jdr : La Lame et le Sang

Actuellement en campagne sur Ulule les éditions Ogmios portent une fois de plus le lecteur dans un imaginaire débridé. Julien Shneider mène le récit, une plume empreinte d’humour, d’horreur, de mystère et d’un brun de poésie. 

La Lame et le Sang, nous embarque pour une trilogie fantasy dans le Japon féodal.

Julien Schneider chez Ogmios Éditions, nous a accordé une interview pour sa nouvelle trilogie en cours de financement participatif sur Ulule jusqu’au 13 mai 2019. La Lame et le Sang c’est une plongée dans un Japon médiéval profondément fantastique regorgeant d’humour, d’honneur, de sombres secrets…
Par les kamis et l’esprit des ancêtres vos visuels de couverture nous font immédiatement penser à la Légende des cinq anneaux ou à Détective Dee et Histoire de fantômes chinois qui croiseraient La pierre et le sabre.
Il va falloir nous en dire plus, préparons le thé, vous allez pouvoir nous en dévoiler un peu plus. 

Comment est né le projet La Lame et le Sang et pourquoi une trilogie ?

Le projet est né d’une envie d’écrire une histoire un tant soit peu réaliste dans le Japon féodal. Au début, cela devait être une simple nouvelle, le contrat d’un rônin et un combat au katana, dans l’esprit de Troie de David Gemmel, que je venais de relire, mais en Extrême Orient. À la fin, l’idée d’un sabre maudit s’est imposé de lui-même et l’histoire a pris un tournant plus “fantasy”. Cette fin ne m’a pas suffi et j’ai voulu savoir jusqu’où pouvaient m’emmener mon personnage et son sabre. Ca a commencé par un roman, mais celui-ci ne parvenait pas à répondre à toutes les questions. En ruminant l’idée, je me suis aperçu qu’il me faudrait bien deux autres romans pour en venir à bout…

La Lame et le Sang c’est une première trilogie, mais, est-ce que c’est tes premières armes dans ce style médiéval japonais fantastique ?

Concernant le “médiéval-japonais-fantastique”, oui, tout à fait. Avant ça, je me suis fait la main sur des dizaines de nouvelles en vingt ans d’écriture, plus proche des histoires d’Isaac Asimov et de Ray Bradbury. J’ai aussi écrit un roman policier, une petite histoire qui se voulait au croisement de “Le Mystère de la chambre jaune” de Gaston Leroux et de “La solitude est un cercueil de verre” de Ray Bradbury avec la décontraction des dialogues des Annales du disque-monde de Terry Pratchett… Relativement éloigné du Japon féodal, mais ça m’a permis de m’affûter.

Que représente l’écriture pour toi ?

Un exutoire. J’ai commencé à écrire à 16 ans, en pleine adolescence. J’avais envie d’écrire des histoires à la Stephen King (oui, vous avez vu, je vise haut, tant qu’à faire…). Alors bien sûr, comme pour mon premier roman, j’ai vite vu que j’avais beaucoup de travail devant moi et j’en ai toujours énormément. Mais c’est un travail que je trouve passionnant et dont je ne peux plus me passer.

Quelle est la part de l’auteur et de son vécu dans les personnages du récit ?

Si je considère l’écriture comme une façon de m’exprimer, je mets forcément beaucoup de moi dans mes histoires. L’événement déclencheur de ma trilogie a été la perte de ma fille. J’avais besoin me défouler et, par écrit, c’est légal et bien moins salissant… De fait, chaque personnage parle de moi, de mes envies, de mes faiblesses, de mes difficultés, mais aussi de mes passions. J’ai essayé de tempérer ça pour donner à chaque personnage un caractère bien défini, mais je me retrouve chaque fois un peu en chacun d’eux. Et puis, ça a été l’occasion de parler de ma passion pour le Japon : mes études m’ont amené à analyser le théâtre nô, j’ai pratiqué les arts martiaux pendant 20 ans et j’ai mon petit niveau au jeu de go…

Les illustrations de Radja Sauperamaniane sont très inspirantes, comment partagez-vous vos imaginaires entre auteur et illustrateur ?

Ca a été le travail de ma maison d’édition, Ogmios éditions. Ils lui ont parlé de mon livre, lui ont présenté des extraits… On m’a ensuite proposé des esquisses, des brouillons et j’ai été surpris de voir à quel point Radja Sauperamaniane s’était aussi bien emparé de mes personnages. Ça démontre une très belle sensibilité de sa part. J’ai été aussitôt conquis !

Histoire, films, romans, biographies, quels sont vos sources d’inspirations du moment pour la trilogie et est-ce qu’elle diffère d’un tome à l’autre ?

D’un point de vue littéraire, j’ai déjà parlé de l’influence de David Gemmel, Terry Pratchett, Ray Bradbury et Stephen King. Ils m’ont tous influencé à leur manière sur différents points que je pense avoir conservés tout au long de ma trilogie. D’un point de vue cinématographique, les films d’Akira Kurosawa avec Tôshiro Mifune ont toujours été là. D’autres acteurs que j’adore m’ont aidé à construire l’identité de mes personnages : Robert de Niro, Takeshi Kitano, Kathy Bates… Ce qui diffère d’un tome à l’autre, c’est un fil rouge artistique que j’ai modifié à chaque fois pour ne pas rester sur un rythme identique alors que chaque tome est aussi une histoire particulière. Le premier tome insiste sur les arts martiaux, le deuxième sur le nô et le go, le troisième sur les mythes et leur influence… Les trois thèmes sont omniprésents durant toute la trilogie, mais traités différemment pour rester cohérents avec l’histoire de chaque volume.

Est-ce que vous avez une méthode particulière pour vous mettre dans la disposition d’esprit propice à la tonalité de cet univers ?

J’ai suivi les conseils de mes maîtres. J’ai mon calepin pour ne pas perdre les idées qui me viendraient (à la Ray Bradbury – il n’est pas le seul à le dire, mais il a été le premier pour moi). Je rumine énormément pendant que je marche pour creuser mes idées, les triturer, les exploiter au maximum. Après, je m’impose un rythme d’écriture journalier (à la Stephen King, comme il l’explique dans son Écriture), entre 1000 et 1500 mots par jour, seul, chez moi, en étant sûr de ne pas me faire interrompre. Parfois je mets une heure à le faire, parfois deux fois plus, mais je ne lâche rien. Ca entretient mon imaginaire, le stimule et parfois créé une certaine frustration. Du coup, c’est aussi très motivant.

Le projet de la trilogie est classé chez Ulule dans “Livres Jeux de rôle”, vous avez des envies de portages ou de développement de ce côté-là ?

Personnellement, j’ai plus d’expérience en GN, et je sais que, chez Ogmios éditions, on apprécie comme moi une bonne partie de jeux de rôles. Je serais ravi que l’on puisse développer ma trilogie de cette manière !

Vous donnez la possibilité à la génération des lecteurs sur liseuse de s’adonner à la découverte de la trilogie et on apprécie beaucoup à la chronique JDR. C’est assez atypique par rapport aux éditeurs classiques, mais est-ce que ça change quelque chose dans l’écriture le support de lecture ?

Pour moi, absolument pas ! Je considère que tout ce qui permet de lire est bénéfique. Je lis sur tablette ou sur liseuse depuis l’apparition de ce format et ça m’a clairement permis de lire plus de livres, sans jamais faire diminuer ma consommation de livres-papiers. Et quand bien-même, un plus grand accès à la lecture est, pour moi, toujours quelque chose de sain. Je n’y ai pas réfléchi en écrivant et ça n’aurait rien changé.

Aux éditions Ogmios vous êtes un collectif d’auteur porté par la mouvance du circuit court, est-ce que vous pouvez nous parler de la connexion en prise directe avec vos lecteurs ?

C’est un moteur incroyable ! Ce passage par le financement participatif est une découverte pour moi, mais je trouve ça stimulant de voir des personnes vous faire confiance après une description, une présentation, un extrait… Et en même temps, c’est assez stressant ! Il va falloir se montrer à la hauteur de cette confiance.

À ce propos des rencontres prévues prochainement avec le public ?

 Je serais à Epinal les 25 et 26 mai prochain pour Les Imaginales. On attend des nouvelles des Aventuriales de Ménétrol dont on espère une réponse positive pour les 28 et 29 septembre.

Le mot de la fin, en une courte citation de votre crue ?

Je ne sais pas si je mérite d’être cité, mais j’étais content d’avoir écrit ça en relisant la dernière news sur Ulule :
“Oui, le samouraï porte un katana, mais l’artisan peut avoir une hache, un ciseau à bois, un couteau. Derrière l’artisan peut se cacher l’âme d’un vrai guerrier et le samouraï peut se révéler n’être qu’un chiot apeuré à la vue du sang.”

La trilogie du de La Lame de Sang c’est sur Ulule (en papier et en version liseuse jusqu’au 13 mai 2019 à 20:00.
Le lien de la page de financement de la trilogie La Lame et le Sang

Si vous aimez le Japon médiéval, La légende des cinq anneaux, L’empire des cerisiers, Bushido, Sangoku, vous pouvez participer les yeux fermés (bon OK ouvrez les yeux finalement c’est parait-il beaucoup plus pratique…). 

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