En 2019, on ouvrait en chronique une boîte qui n’aurait jamais dû exister : Rick et Morty vs Donjons et Dragons, un croisement officiel entre la série animée la plus cynique de la télévision et le jeu de rôle le plus iconique de l’histoire. Sur le papier, c’est un produit dérivé de plus. Dans les faits, c’est un hommage déguisé à quarante ans de culture rôliste, écrit par des gens qui savent de quoi ils parlent. Et qui ont visiblement passé beaucoup trop de temps derrière un écran de MJ.
Sorti en novembre 2019 par Wizards of the Coast, le kit de JDR est un vrai produit D&D 5e, pas un gadget au rabais. La boîte contient un livret de règles simplifiées (pour les joueurs qui n’ont jamais touché un dé polyédrique), l’aventure « The Lost Dungeon of Rickedness: Big Rick Energy », des fiches de personnages pré-tirés illustrées dans le style de la série, un écran de MJ et un set de dés.
L’aventure elle-même est un donjon classique passé au filtre Rick Sanchez. Les salles sont absurdes, les pièges sont stupides (volontairement), les monstres sont des parodies de créatures D&D classiques, et le ton oscille entre le référentiel et le scatologique. C’est du D&D pulp assumé, plus proche d’un one-shot de fin de soirée que d’une campagne sérieuse. Et c’est exactement ce qu’il faut pour une table qui découvre le jeu ou qui veut se marrer entre deux arcs narratifs pesants.
Ce qui rend la boîte pertinente au-delà de la blague, c’est qu’elle fonctionne réellement comme une porte d’entrée vers le JDR. Le livret de règles est clair, les personnages sont prêts à jouer, et l’aventure est conçue pour qu’un MJ débutant puisse la mener sans préparation excessive. La licence Rick et Morty attire des gens qui n’auraient jamais mis les pieds dans une boutique de jeux, et les règles de D&D 5e sont suffisamment accessibles pour qu’ils y restent.
Le principal bémol : la boîte est en anglais. La VF n’a jamais été officiellement publiée par Wizards of the Coast, ce qui est dommage vu le potentiel d’initiation du produit. Le comics, lui, est bien disponible en français chez Hi Comics, ce qui crée un décalage un peu absurde : on peut lire l’histoire en français mais pas y jouer.
En bref : Rick et Morty vs Donjons et Dragons existe sous deux formes : une série de comics (IDW/Oni Press, 2018-2019) co-écrite par Patrick Rothfuss et Jim Zub, et un kit de JDR officiel (Wizards of the Coast, 2019) contenant l’aventure « The Lost Dungeon of Rickedness ». Le comics est disponible en français chez Hi Comics.
Le comics : quand Patrick Rothfuss rencontre Rick Sanchez
On commence par le comics, parce que c’est lui qui a lancé le phénomène. Rick et Morty vs Dungeons & Dragons, publié par IDW en 2018, n’est pas signé par n’importe qui. Le scénario est co-écrit par Jim Zub (scénariste de comics habitué aux franchises D&D, auteur de Dungeons & Dragons: Frost Giant’s Fury) et Patrick Rothfuss. Oui, celui du Nom du Vent. Celui qui n’a toujours pas sorti le troisième tome de sa trilogie et qui, en attendant, a visiblement trouvé le temps d’écrire un comics où Rick Sanchez brise la quatrième muraille pour expliquer à Morty comment fonctionne un d20. Le pitch est aussi absurde qu’on pouvait l’espérer. Morty veut impressionner une fille qui joue à D&D. Il demande à Rick de l’aider. Rick, étant Rick, décide de ne pas juste apprendre les règles à Morty mais de pirater le multivers pour entrer physiquement dans une partie de Donjons et Dragons. Le chaos qui s’ensuit mélange les archétypes de D&D (donjons, dragons, quêtes, butins) avec la logique nihiliste de Rick et Morty (rien n’a de sens, tout le monde va mourir, mais au moins on a des dés). Le dessin de Troy Little est parfait pour le projet : suffisamment fidèle au style de la série animée tout en intégrant les codes visuels de D&D classique. Les couvertures alternatives sont des pépites : des pastiches de couvertures iconiques de modules D&D des années 1980, redessinées avec les personnages de Rick et Morty. Pour un rôliste qui a connu l’époque AD&D, c’est un festival de clins d’œil. Pour les autres, c’est une BD d’aventure comique qui tient la route toute seule. Une suite, The Painscape (2019), a poussé le délire encore plus loin avec un Morty transformé en MJ tyrannique. Parce que si Rick et Morty nous a appris quelque chose, c’est que le pouvoir corrompt. Et le pouvoir du MJ corrompt absolument. Le comics est disponible en France chez Hi Comics sous le titre Rick et Morty vs Dungeons & Dragons.La boîte de JDR : « The Lost Dungeon of Rickedness »
Sorti en novembre 2019 par Wizards of the Coast, le kit de JDR est un vrai produit D&D 5e, pas un gadget au rabais. La boîte contient un livret de règles simplifiées (pour les joueurs qui n’ont jamais touché un dé polyédrique), l’aventure « The Lost Dungeon of Rickedness: Big Rick Energy », des fiches de personnages pré-tirés illustrées dans le style de la série, un écran de MJ et un set de dés.
L’aventure elle-même est un donjon classique passé au filtre Rick Sanchez. Les salles sont absurdes, les pièges sont stupides (volontairement), les monstres sont des parodies de créatures D&D classiques, et le ton oscille entre le référentiel et le scatologique. C’est du D&D pulp assumé, plus proche d’un one-shot de fin de soirée que d’une campagne sérieuse. Et c’est exactement ce qu’il faut pour une table qui découvre le jeu ou qui veut se marrer entre deux arcs narratifs pesants.
Ce qui rend la boîte pertinente au-delà de la blague, c’est qu’elle fonctionne réellement comme une porte d’entrée vers le JDR. Le livret de règles est clair, les personnages sont prêts à jouer, et l’aventure est conçue pour qu’un MJ débutant puisse la mener sans préparation excessive. La licence Rick et Morty attire des gens qui n’auraient jamais mis les pieds dans une boutique de jeux, et les règles de D&D 5e sont suffisamment accessibles pour qu’ils y restent.
Le principal bémol : la boîte est en anglais. La VF n’a jamais été officiellement publiée par Wizards of the Coast, ce qui est dommage vu le potentiel d’initiation du produit. Le comics, lui, est bien disponible en français chez Hi Comics, ce qui crée un décalage un peu absurde : on peut lire l’histoire en français mais pas y jouer.
