La Lame et le Sang : interview de Julien Schneider chez Ogmios Éditions

La Lame et le Sang, trilogie fantasy en Japon féodal signée Julien Schneider chez Ogmios. On replonge dans l’interview 2019 avec six ans de recul.

La Lame et le Sang, trilogie fantasy japon médiéval de Julien Schneider chez Ogmios
L’essentiel
En 2019, on rencontre Julien Schneider aux Éditions Ogmios en pleine campagne Ulule pour sa trilogie fantasy en Japon médiéval, La Lame et le Sang. Six ans plus tard, on sait comment l’histoire s’est conclue : le tome 1 Le Seigneur Maudit a paru en mai 2020 dans la collection Kabuto, suivi du tome 2 Les Masques de chair en 2023. Trilogie tenue, promesse honorée.

Mai 2019, sur Ulule. Les Éditions Ogmios portent une fois de plus le lecteur dans un imaginaire débridé : un Japon féodal hanté de kamis, peuplé de yokais et de daïmyos intrigants, où un certain Takeshi se débat avec un katana maudit. La trilogie s’appelle La Lame et le Sang, et son auteur Julien Schneider est un passionné du Japon qui a pratiqué les arts martiaux pendant vingt ans et étudié le théâtre nô.

On lui a tendu nos micros pour comprendre sa démarche. Six ans plus tard, on connaît la suite : campagne Ulule réussie, tome 1 Le Seigneur Maudit publié le 13 mai 2020 dans la collection Kabuto d’Ogmios, tome 2 Les Masques de chair sorti en 2023. La trilogie est arrivée à son terme. On replonge dans cet échange avec les propos intacts, puis on l’éclaire avec le contexte 2026.

Interview JDR : Julien Schneider et la trilogie La Lame et le Sang

Julien Schneider chez Ogmios Éditions nous a accordé une interview pour sa nouvelle trilogie en cours de financement participatif sur Ulule jusqu’au 13 mai 2019. La Lame et le Sang, c’est une plongée dans un Japon médiéval profondément fantastique regorgeant d’humour, d’honneur, de sombres secrets. Par les kamis et l’esprit des ancêtres, vos visuels de couverture nous font immédiatement penser à la Légende des Cinq Anneaux ou à Détective Dee et Histoire de fantômes chinois qui croiseraient La pierre et le sabre. Il va falloir nous en dire plus, préparons le thé, vous allez pouvoir nous en dévoiler un peu plus.

Comment est né le projet La Lame et le Sang et pourquoi une trilogie ?

Le projet est né d’une envie d’écrire une histoire un tant soit peu réaliste dans le Japon féodal. Au début, cela devait être une simple nouvelle, le contrat d’un rônin et un combat au katana, dans l’esprit de Troie de David Gemmel, que je venais de relire, mais en Extrême Orient. À la fin, l’idée d’un sabre maudit s’est imposé de lui-même et l’histoire a pris un tournant plus “fantasy”. Cette fin ne m’a pas suffi et j’ai voulu savoir jusqu’où pouvaient m’emmener mon personnage et son sabre. Ca a commencé par un roman, mais celui-ci ne parvenait pas à répondre à toutes les questions. En ruminant l’idée, je me suis aperçu qu’il me faudrait bien deux autres romans pour en venir à bout…La Lame et le Sang c’est une première trilogie, mais, est-ce que c’est tes premières armes dans ce style médiéval japonais fantastique ?Concernant le “médiéval-japonais-fantastique”, oui, tout à fait. Avant ça, je me suis fait la main sur des dizaines de nouvelles en vingt ans d’écriture, plus proche des histoires d’Isaac Asimov et de Ray Bradbury. J’ai aussi écrit un roman policier, une petite histoire qui se voulait au croisement de “Le Mystère de la chambre jaune” de Gaston Leroux et de “La solitude est un cercueil de verre” de Ray Bradbury avec la décontraction des dialogues des Annales du disque-monde de Terry Pratchett… Relativement éloigné du Japon féodal, mais ça m’a permis de m’affûter.

Que représente l’écriture pour toi ?

Un exutoire. J’ai commencé à écrire à 16 ans, en pleine adolescence. J’avais envie d’écrire des histoires à la Stephen King (oui, vous avez vu, je vise haut, tant qu’à faire…). Alors bien sûr, comme pour mon premier roman, j’ai vite vu que j’avais beaucoup de travail devant moi et j’en ai toujours énormément. Mais c’est un travail que je trouve passionnant et dont je ne peux plus me passer.

Quelle est la part de l’auteur et de son vécu dans les personnages du récit ?

Si je considère l’écriture comme une façon de m’exprimer, je mets forcément beaucoup de moi dans mes histoires. L’événement déclencheur de ma trilogie a été la perte de ma fille. J’avais besoin me défouler et, par écrit, c’est légal et bien moins salissant… De fait, chaque personnage parle de moi, de mes envies, de mes faiblesses, de mes difficultés, mais aussi de mes passions. J’ai essayé de tempérer ça pour donner à chaque personnage un caractère bien défini, mais je me retrouve chaque fois un peu en chacun d’eux. Et puis, ça a été l’occasion de parler de ma passion pour le Japon : mes études m’ont amené à analyser le théâtre nô, j’ai pratiqué les arts martiaux pendant 20 ans et j’ai mon petit niveau au jeu de go…

Les illustrations de Radja Sauperamaniane sont très inspirantes, comment partagez-vous vos imaginaires entre auteur et illustrateur ?

Ca a été le travail de ma maison d’édition, Ogmios éditions. Ils lui ont parlé de mon livre, lui ont présenté des extraits… On m’a ensuite proposé des esquisses, des brouillons et j’ai été surpris de voir à quel point Radja Sauperamaniane s’était aussi bien emparé de mes personnages. Ça démontre une très belle sensibilité de sa part. J’ai été aussitôt conquis !

Histoire, films, romans, biographies, quels sont vos sources d’inspirations du moment pour la trilogie et est-ce qu’elle diffère d’un tome à l’autre ?

D’un point de vue littéraire, j’ai déjà parlé de l’influence de David Gemmel, Terry Pratchett, Ray Bradbury et Stephen King. Ils m’ont tous influencé à leur manière sur différents points que je pense avoir conservés tout au long de ma trilogie. D’un point de vue cinématographique, les films d’Akira Kurosawa avec Tôshiro Mifune ont toujours été là. D’autres acteurs que j’adore m’ont aidé à construire l’identité de mes personnages : Robert de Niro, Takeshi Kitano, Kathy Bates… Ce qui diffère d’un tome à l’autre, c’est un fil rouge artistique que j’ai modifié à chaque fois pour ne pas rester sur un rythme identique alors que chaque tome est aussi une histoire particulière. Le premier tome insiste sur les arts martiaux, le deuxième sur le nô et le go, le troisième sur les mythes et leur influence… Les trois thèmes sont omniprésents durant toute la trilogie, mais traités différemment pour rester cohérents avec l’histoire de chaque volume.

Est-ce que vous avez une méthode particulière pour vous mettre dans la disposition d’esprit propice à la tonalité de cet univers ?

J’ai suivi les conseils de mes maîtres. J’ai mon calepin pour ne pas perdre les idées qui me viendraient (à la Ray Bradbury – il n’est pas le seul à le dire, mais il a été le premier pour moi). Je rumine énormément pendant que je marche pour creuser mes idées, les triturer, les exploiter au maximum. Après, je m’impose un rythme d’écriture journalier (à la Stephen King, comme il l’explique dans son Écriture), entre 1000 et 1500 mots par jour, seul, chez moi, en étant sûr de ne pas me faire interrompre. Parfois je mets une heure à le faire, parfois deux fois plus, mais je ne lâche rien. Ca entretient mon imaginaire, le stimule et parfois créé une certaine frustration. Du coup, c’est aussi très motivant.

Le projet de la trilogie est classé chez Ulule dans “Livres Jeux de rôle”, vous avez des envies de portages ou de développement de ce côté-là ?

Personnellement, j’ai plus d’expérience en GN, et je sais que, chez Ogmios éditions, on apprécie comme moi une bonne partie de jeux de rôles. Je serais ravi que l’on puisse développer ma trilogie de cette manière !

Vous donnez la possibilité à la génération des lecteurs sur liseuse de s’adonner à la découverte de la trilogie et on apprécie beaucoup à la chronique JDR. C’est assez atypique par rapport aux éditeurs classiques, mais est-ce que ça change quelque chose dans l’écriture le support de lecture ?

Pour moi, absolument pas ! Je considère que tout ce qui permet de lire est bénéfique. Je lis sur tablette ou sur liseuse depuis l’apparition de ce format et ça m’a clairement permis de lire plus de livres, sans jamais faire diminuer ma consommation de livres-papiers. Et quand bien-même, un plus grand accès à la lecture est, pour moi, toujours quelque chose de sain. Je n’y ai pas réfléchi en écrivant et ça n’aurait rien changé.

Aux éditions Ogmios vous êtes un collectif d’auteur porté par la mouvance du circuit court, est-ce que vous pouvez nous parler de la connexion en prise directe avec vos lecteurs ?

C’est un moteur incroyable ! Ce passage par le financement participatif est une découverte pour moi, mais je trouve ça stimulant de voir des personnes vous faire confiance après une description, une présentation, un extrait… Et en même temps, c’est assez stressant ! Il va falloir se montrer à la hauteur de cette confiance.

À ce propos des rencontres prévues prochainement avec le public ?

Je serais à Epinal les 25 et 26 mai prochain pour Les Imaginales. On attend des nouvelles des Aventuriales de Ménétrol dont on espère une réponse positive pour les 28 et 29 septembre.

Le mot de la fin, en une courte citation de votre crue ?

Je ne sais pas si je mérite d’être cité, mais j’étais content d’avoir écrit ça en relisant la dernière news sur Ulule :“Oui, le samouraï porte un katana, mais l’artisan peut avoir une hache, un ciseau à bois, un couteau. Derrière l’artisan peut se cacher l’âme d’un vrai guerrier et le samouraï peut se révéler n’être qu’un chiot apeuré à la vue du sang.”

La Lame et le Sang six ans après : la trilogie au complet chez Ogmios

L’interview se tenait avant même la fin de la campagne Ulule, qui s’achevait le 13 mai 2019. Spoiler : la campagne a fonctionné, et les Éditions Ogmios ont tenu leur promesse, malgré quelques retards bien réels. Voici le calendrier réel de parution.

  • Tome 1 — Le Seigneur Maudit : publié le 13 mai 2020, soit un an après la fin de la campagne participative, dans la collection Kabuto. La réception critique est positive, notamment sur Journal du Japon et eMaginarock qui saluent un texte dense, riche en références culturelles, et qui réussit à éviter les écueils du japonisme superficiel.
  • Tome 2 — Les Masques de chair : paru en 2023, prolongement direct du récit du tome 1 autour du personnage de Takeshi et de son katana maudit.
  • Tome 3 : en cours de finalisation à l’heure où nous remettons à jour cet article (mai 2026). Direction le site officiel ogmios-editions.com pour la date de sortie définitive.

L’auteur Julien Schneider poursuit son travail d’écriture chez Ogmios. Sa fiche sur Babelio recense désormais plusieurs textes, et il est régulièrement présent en convention pour des séances de dédicace.

Ogmios Éditions et la collection Kabuto : le pari japonisant

Les Éditions Ogmios, animées par Raphaël Crouzat, fonctionnent sur un modèle éditorial original. Maison française indépendante, elle mise sur le circuit court et le contact direct avec ses lecteurs, principalement via Ulule pour les nouvelles parutions. La collection Kabuto, dédiée aux récits ancrés dans le Japon historique ou fantastique, est l’une de leurs lignes phares. La Lame et le Sang en est l’ouverture, suivie d’autres titres comme Seppuku.

Ce qui distingue Ogmios, c’est leur attention à la qualité de l’objet livre : couvertures soignées, illustrations intérieures (souvent signées Radja Sauperamaniane pour la trilogie), versions liseuses systématiques en parallèle des éditions papier. Une approche qui s’inscrit dans la mouvance des micro-éditeurs de l’imaginaire français, aux côtés de structures comme les Moutons Électriques, Critic ou Mnémos.

Pour les rôlistes, l’univers du Japon médiéval-fantastique a une résonance particulière : La Légende des Cinq Anneaux (édité en France à diverses époques chez Asmodée, Edge ou Black Book Editions), L’Empire des Cerisiers, Bushido, Sangoku sont autant de portes d’entrée vers cet imaginaire. La trilogie de Schneider en propose une autre, romanesque cette fois, parfaite pour nourrir la documentation d’un meneur préparant une campagne dans le Japon féodal.

De la trilogie au JDR : pourquoi La Lame et le Sang inspire à la table

Pour les meneurs francophones préparant une campagne en Japon médiéval-fantastique, la trilogie de Julien Schneider est une source d’inspiration directe. Le découpage des trois tomes correspond à des grands axes thématiques : tome 1 sur les arts martiaux, tome 2 sur le théâtre nô et le jeu de go, tome 3 sur les mythes et leur influence. Chaque axe peut alimenter un arc narratif de campagne JDR sans nécessiter d’adaptation lourde.

Pour ceux qui cherchent à jouer du Japon féodal au JDR, plusieurs systèmes francophones se prêtent au format : la 5e édition de la Légende des Cinq Anneaux (FFG/Edge), L’Empire des Cerisiers chez Studio Agate (que l’on a aperçu dans notre interview Studio Agate sur Iron Kingdoms Requiem), Bushido en VF, ou même un portage en système rapide comme JDR Express avec un background japonisant maison. La trilogie de Schneider fournit le décor, les meneurs apportent les règles.

L’auteur évoquait aussi dans l’interview son intérêt potentiel pour un portage JDR — le projet était classé chez Ulule dans la catégorie « Livres Jeux de rôle ». À ce jour, en 2026, aucune adaptation JDR officielle de La Lame et le Sang n’a vu le jour, mais le décor reste assez riche pour que des meneurs s’en emparent à titre personnel.

La trilogie en images

Questions fréquentes sur La Lame et le Sang

Qui est l’auteur de La Lame et le Sang ?

Julien Schneider est un auteur français passionné du Japon. Il a pratiqué les arts martiaux pendant plus de vingt ans, étudié le théâtre nô dans le cadre universitaire et joue au go à un bon niveau. Cette double culture sportive et théâtrale irrigue sa trilogie. La Lame et le Sang est sa première saga publiée, parue aux Éditions Ogmios dans la collection Kabuto.

Combien de tomes compte la trilogie et dans quel ordre les lire ?

Trois tomes au total. Le Seigneur Maudit (tome 1, 2020) ouvre le récit autour du personnage de Takeshi et de son katana maudit. Les Masques de chair (tome 2, 2023) prolonge l’arc narratif. Le tome 3 est en cours de finalisation à mai 2026. Lecture chronologique recommandée.

Qu’est-ce que la collection Kabuto chez Ogmios ?

La collection Kabuto des Éditions Ogmios est dédiée aux récits ancrés dans le Japon, qu’il soit historique, mythologique ou fantastique. La Lame et le Sang en est l’une des locomotives, aux côtés d’autres titres comme Seppuku. La ligne éditoriale privilégie la précision documentaire alliée à la liberté narrative.

La trilogie est-elle disponible en version liseuse ?

Oui. Ogmios Éditions propose systématiquement une version liseuse en epub en parallèle des éditions papier. Le tome 1 et le tome 2 sont disponibles dans les deux formats sur le site officiel ogmios-editions.com, et chez les revendeurs habituels (Cultura, Fnac, Amazon, libraires indépendants).

Quelles sont les inspirations littéraires de Julien Schneider ?

L’auteur cite explicitement David Gemmell (notamment Troie), Terry Pratchett, Ray Bradbury et Stephen King. Côté cinéma, il revendique l’influence d’Akira Kurosawa et de Tôshiro Mifune. Côté méthode d’écriture, il s’inspire de Stephen King (rythme journalier de 1000 à 1500 mots) et de Ray Bradbury (le calepin permanent).

Peut-on utiliser La Lame et le Sang pour préparer une campagne JDR ?

Oui, et c’est même une excellente idée. La trilogie fournit un décor de Japon médiéval-fantastique très documenté, avec ses kamis, ses yokais, ses daïmyos et ses arts martiaux. Côté système, on peut piocher dans la 5e édition de la Légende des Cinq Anneaux, L’Empire des Cerisiers de Studio Agate, Bushido, ou un système rapide façon JDR Express avec un background maison.

Mise à jour le 21 mai 2026 — Interview originale du 2 mai 2019 conservée intacte. Article enrichi de l’issue de la campagne Ulule (financement réussi), du calendrier réel de publication (tome 1 Le Seigneur Maudit en mai 2020, tome 2 Les Masques de chair en 2023, tome 3 en finalisation), et de la situation actuelle des Éditions Ogmios. Faits clés vérifiés en mai 2026 : auteur Julien Schneider, éditeur Ogmios Éditions, collection Kabuto, illustrations de Radja Sauperamaniane, personnage principal Takeshi et katana maudit.

Pour suivre nos chroniques JDR en direct et nos interviews hebdomadaires, on se retrouve chaque lundi soir à 21h sur la chaîne Twitch de Geek Powa.

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