Depuis que les consoles dernières générations sont sorties, chaque semaine c’est systématique : les testeurs de jeu nous bassinent avec le nombre d’images par seconde et le sacro saint 1080p. Mais ces chiffres racontent-ils vraiment l’histoire d’un bon jeu ? Pas sûr.
Comparer ce qui est comparable
On ne peut pas comparer les pommes et les poires de la même façon sous prétexte que ce sont des fruits. Pour les consoles et les PCs c’est du même ordre : une console « next gen » c’est 350 à 400 euros, un PC correct il faut compter 300 euros juste pour la carte graphique et pour une machine cohérente entre 800 et 1000 euros.
Il existe des PC à 350 euros… par curiosité essayez d’y faire tourner un jeu type Far Cry IV, ou Assassin’s Creed Unity et vous ne serez pas déçus du voyage au pays du 5 images par seconde sur un « gang bang de pixels ».

À longueur de test chez tous les gros médias en ligne c’est la même maladie : « on est loin des 30 fps constants », « le jeu ne tient pas le 1080P », « très en dessous de la version PC », « une version édulcorée »…
Et bien vous savez quoi (attention lapalissade) : quand on achète une console, on a une console !
Un test de jeu porté sur deux médias différents ne devrait pas avoir de comparaison inter-support mais sur son support. Les deux consoles next gen sont sorties depuis un an et demi à une louche près et il y a maintenant matière à comparer si un jeu dans un style donné apporte une nouveauté à la console et son public. Les tests de jeux actuels sont rédigés comme des guides d’achat pour console plus que des tests réels de jeux.
Quand on veut acheter une machine de jeu, c’est important de connaître la ludothèque de l’interface de jeu et les exclus : PS4 (Bloodborne, Infamous, Street Fighter V, Uncharted, The Last of Us), Xbox One (Halo), PC (les MMO, les MOBA et les RTS).
Il faut comparer de jeu à jeu sur un même support
J’aurais tendance à dire « 1080p mon cul » : « Le terme 1080p signifie que l’écran affiche 1 920 pixels de large et 1 080 pixels de haut », la génération de console précédente faisait ses beaux jours dans les 720p en mode ultra pixelisé. Ce qui est étonnant c’est dans l’assertion « ce n’est pas du 1080p » : les jeux consoles ne donnent pas accès à cette donnée.
Donc en vertu de quoi tiennent-ils ce propos ? Serait-ce que nombre de testeurs ne sont pas calés techniquement et qu’ils ne font que reprendre une expression à la mode ?
Quand on donne un avis technique il faut connaître la technique :
Les facteurs majeurs qui rentrent en compte dans le nombre d’images par seconde :
- le nombre de pixels pour constituer l’image (320p, 720p, 1080p, 2560p 4K)
- le lissage des textures (antialiasing et anisotropique)
- la profondeur de vue dans une scène 3D
- le nombre d’objets (sprites) affichés à l’écran
- les ombres portées des objets
Donc partant de ces données, on peut tout à fait imaginer un jeu en 720p avec une énorme profondeur de vue, des textures lissées avec un grand nombre d’objets à l’écran. Cette configuration donnerait un bien meilleur rendu que le même jeu en 1080p textures non lissées avec un nombre d’objets diminué (peu d’herbe par exemple).
Pour résumé : 1080p n’est pas un vrai critère.

Pour conclure : il faut juger un jeu sur une console vis-à-vis de la ludothèque de cette même console. Un bon test de jeu vidéo doit reposer sur le plaisir de jeu. C’est ça qu’on achète, pas une fiche technique. Les FPS et les pixels sont les serviteurs de l’expérience, pas les maîtres.
Questions fréquentes
30 FPS ou 60 FPS : quel est le seuil perceptible ?
La plupart des joueurs détectent la différence à partir de 30-60 FPS. Au-dessus de 60, l’amélioration devient subjective et dépend du type de jeu : les jeux de courses et FPS bénéficient plus de 120+ FPS, tandis qu’un RPG au tour par tour à 30 FPS stable reste excellent.
Pourquoi les testeurs obsèdent-ils sur le 1080p ?
C’est un chiffre facile à mesurer et à comparer. Malheureusement, c’est réducteur : un jeu bien optimisé en 900p peut être plus beau qu’un 1080p mal géré. Les médias répètent cette métrique parce qu’elle est simple, pas parce qu’elle est pertinente.
L’antialiasing a-t-il un gros impact sur la qualité visuelle ?
Oui, énormément. Un jeu sans antialiasing peut paraître crénelé et cheap même en 1080p, tandis qu’un jeu bien lissé en 720p sera visuellement nettement supérieur. C’est l’un des facteurs les plus importants pour la perception de qualité.
Comment tester vraiment un jeu vidéo ?
En le jouant longtemps et en parlant du gameplay, de la sensation de contrôle, de la direction artistique, de l’ambiance. Mesurer les FPS et la résolution c’est utile, mais ça doit être contextualisé dans l’expérience globale, pas être le sujet principal.
Les consoles actuelles peuvent-elles vraiment faire du 1080p/60 FPS ?
Oui pour les jeux moins exigeants, mais pas pour tous. Les AAA modernes font des choix : soit 1080p/30 fps avec haute qualité, soit 720p/60 fps plus fluide. C’est un compromis normal et sain, pas un échec.
Que signifie vraiment « une version édulcorée » ?
Ça veut dire que le testeur a comparé à une version autre platform sans tenir compte des contraires et contextes. Une version console adaptée peut être excellente sur sa plateforme, même si elle diffère techniquement du PC ultrapuissant. C’est un jugement vide de sens.
