Il y a des univers de JDR qui sentent le copier-coller de Tolkien. Et il y a Ecryme. Un monde recouvert d’une substance corrosive et vivante, des cités sur pilotis reliées par des passerelles branlantes, une esthétique qui croise le steampunk victorien avec le gothique industriel, et une plume signée Mathieu Gaborit, l’un des rares auteurs français capables de créer un univers de fantasy qui ne ressemble à rien d’autre. En 2016, la deuxième édition a été financée par crowdfunding. Le kit de découverte de 32 pages, mis à disposition gratuitement par l’éditeur, nous avait convaincus à l’époque. Dix ans après, on revient sur ce JDR qui mérite bien plus de lumière qu’il n’en a reçu.
Le pitch d’Ecryme ne ressemble à rien de ce qu’on trouve habituellement dans les rayons JDR. Le monde est recouvert par l’Écryme, une substance à mi-chemin entre l’écume, le brouillard acide et l’entité vivante. Elle dévore tout ce qu’elle touche. Les civilisations survivent au-dessus, dans des cités-tours dressées sur des pilotis, des promontoires rocheux et des structures métalliques qui défient la corrosion. Les villes sont reliées entre elles par des traverses, des passerelles et voies de circulation qui sont les artères de ce monde vertical.
On est loin du médiéval-fantastique classique. L’ambiance évoque un XIXe siècle alternatif : industrie naissante, sociétés de guildes, intrigues politiques, classes sociales rigides, et une technologie qui se bat contre un environnement fondamentalement hostile. Les hauts des cités sont réservés aux puissants. Les bas, proches de l’Écryme, sont des zones dangereuses peuplées de marginaux, de contrebandiers et de chercheurs d’une substance rare que l’Écryme produit parfois. Le monde d’Ecryme est un monde qui a peur de son propre sol.
Mathieu Gaborit est l’un des piliers de la fantasy francophone. Romancier (Les Chroniques des Crépusculaires, Les Féals, Abyme), il a aussi créé l’univers d’Agone et contribué à de nombreux projets rôlistes. Son écriture est dense, poétique, avec un vocabulaire inventé qui donne de la texture sans devenir incompréhensible. Ecryme porte sa marque de bout en bout : un monde qu’on sent habité, pensé dans ses moindres recoins, avec une cohérence interne qui résiste à l’exploration prolongée. C’est le genre d’univers où un MJ peut improviser un quartier entier et où tout « sonne juste » parce que les fondations sont solides.
En bref : Ecryme est un JDR français créé par Mathieu Gaborit, dont la première édition remonte à 1994. La V2, financée par crowdfunding en 2016, propose un univers unique : un monde noyé sous une substance corrosive vivante appelée l’Écryme. Ambiance steampunk-gothique, illustrations somptueuses d’Émile Denis et Rémi le Capon, et un système de jeu narratif qui privilégie l’atmosphère.
Un monde noyé sous la brume : l’univers d’Ecryme
Le pitch d’Ecryme ne ressemble à rien de ce qu’on trouve habituellement dans les rayons JDR. Le monde est recouvert par l’Écryme, une substance à mi-chemin entre l’écume, le brouillard acide et l’entité vivante. Elle dévore tout ce qu’elle touche. Les civilisations survivent au-dessus, dans des cités-tours dressées sur des pilotis, des promontoires rocheux et des structures métalliques qui défient la corrosion. Les villes sont reliées entre elles par des traverses, des passerelles et voies de circulation qui sont les artères de ce monde vertical.
On est loin du médiéval-fantastique classique. L’ambiance évoque un XIXe siècle alternatif : industrie naissante, sociétés de guildes, intrigues politiques, classes sociales rigides, et une technologie qui se bat contre un environnement fondamentalement hostile. Les hauts des cités sont réservés aux puissants. Les bas, proches de l’Écryme, sont des zones dangereuses peuplées de marginaux, de contrebandiers et de chercheurs d’une substance rare que l’Écryme produit parfois. Le monde d’Ecryme est un monde qui a peur de son propre sol.
Mathieu Gaborit est l’un des piliers de la fantasy francophone. Romancier (Les Chroniques des Crépusculaires, Les Féals, Abyme), il a aussi créé l’univers d’Agone et contribué à de nombreux projets rôlistes. Son écriture est dense, poétique, avec un vocabulaire inventé qui donne de la texture sans devenir incompréhensible. Ecryme porte sa marque de bout en bout : un monde qu’on sent habité, pensé dans ses moindres recoins, avec une cohérence interne qui résiste à l’exploration prolongée. C’est le genre d’univers où un MJ peut improviser un quartier entier et où tout « sonne juste » parce que les fondations sont solides.

Merci de cet article et du coup de projecteur 🙂