Écran du MJ : qu’y mettre vraiment et ne pas oublier

L’écran du MJ vraiment utile, c’est trois tables, une notice de session et un extérieur qui plante l’ambiance. Pas un mur de chiffres.

L’essentiel : Un écran du MJ utile, c’est trois ou quatre tables de référence à portée de main, une notice de session pour les PNJ et les rumeurs, et un extérieur qui plante l’ambiance pour les joueurs. Surtout pas un mur de chiffres. Le piège, c’est de vouloir tout y caser ; la règle d’or, c’est de mettre seulement ce qu’on ne veut pas chercher dans le livre en pleine partie. Le reste se gère par mémoire, improvisation ou un onglet ouvert sur le grimoire de référence.

L’écran du MJ ressemble à un objet sacré du jeu de rôle : on l’achète au prix fort, on le trimballe partout, on l’admire en début de partie, et trois sessions plus tard, on se rend compte qu’on n’a regardé que deux tables sur les cinquante imprimées. La vérité, c’est qu’aucun écran du commerce n’est conçu pour notre style de jeu personnel. À nous d’en faire un outil utile, voire de le bricoler nous-mêmes pour qu’il colle à la table.

Le bon écran fait deux choses à la fois : il abrite les notes secrètes (dés cachés, plan du donjon, fiche du grand méchant) et il offre une réponse immédiate aux questions récurrentes (modificateurs, conditions, tables aléatoires). Le mauvais écran fait trois choses : il imprime tout le manuel, il bloque la communication avec les joueurs, et il finit par servir de paravent à snack. On évite les deux derniers usages.

Écran de MJ à trois panneaux sur une table de JDR avec dés, fiches et figurines

Les tables à imprimer absolument

La hiérarchie est simple : on garde sous les yeux ce qu’on consulte plus de deux fois par partie, on laisse au livre tout le reste. Pour Donjons et Dragons 2024 comme pour la 5e, ça donne une liste courte : les difficultés des jets (DD 5 à 30, avec les paliers Facile/Modéré/Difficile), les conditions (Aveuglé, Charmé, Effrayé, etc.) avec leur effet en une ligne, les modificateurs de couverture et les règles de surprise et d’initiative.

Pour les jeux comme L’Appel de Cthulhu, on remplace par les seuils de Santé mentale, les coûts de blessure, les jets de chance et la table de combat opposé. Pour Pathfinder 2 ou les jeux à mots-clés type PbtA, on s’en tient aux mouvements de base et aux résultats des jets. Et toujours : une table de noms de PNJ aléatoires pour ne plus jamais bloquer cinq minutes à inventer un aubergiste s’appelant Bob.

Les notes de session à glisser dedans

L’intérieur de l’écran sert aussi de quartier général pour la session en cours. C’est là qu’on punaise (avec du masking tape) la fiche du grand méchant, la liste des PNJ rencontrés depuis le début de la campagne avec une ligne par personnage, et trois rumeurs prêtes à servir quand les joueurs tombent à court d’idées. Une feuille A4 suffit.

On y ajoute aussi la liste des récompenses prévues pour la session (points d’XP, trésors, accroches narratives) et une feuille blanche pour gribouiller. Les meilleurs MJ qu’on connaît ont tous une feuille de “gribouilles actives” derrière leur écran : croquis de pièce, schémas tactiques, mots-clés notés au vol pendant que les joueurs débattent. C’est ce qui transforme une partie cadrée en partie vivante.

Vue intérieure de l'écran MJ avec tables de référence et aides de jeu manuscrites

L’extérieur : l’ambiance plutôt que la déco

Côté joueurs, l’écran joue un rôle souvent négligé : il plante le décor visuel de la partie. Un écran générique avec un dragon vert qui ressemble à n’importe quoi, c’est de l’occasion ratée. À la place, on imprime une grande illustration thématique (un château gothique pour Curse of Strahd, des tentacules pour Cthulhu, un paysage interstellaire pour Starforged) qui plante le ton de la campagne dès l’ouverture de l’écran.

Pour les groupes qui jouent en ligne, l’équivalent existe : un fond d’écran dédié sur Roll20 ou Foundry, une miniature animée en haut de la zone de chat, un overlay OBS si on stream la partie. L’idée reste la même, donner à voir un cadre qui n’est ni le canapé ni la cuisine.

Ce qu’il ne faut surtout pas mettre dedans

Tout ce qui n’apparaît qu’une fois par campagne. Les règles de fabrication d’objets magiques, les coûts d’auberge en piécettes, les tables de blessures critiques détaillées : ces données existent dans le manuel, et le manuel reste à portée de main. Y caser sur l’écran, c’est juste de l’encombrement visuel.

On évite aussi les tables de monstres complètes. Une fiche de monstre sur l’écran, ça occupe la moitié de la surface utile. Mieux vaut préparer trois fiches A4 séparées pour les rencontres prévues, les sortir au bon moment, et garder l’écran libre pour les références transversales. Et bien sûr, jamais d’informations spoilers (carte du donjon visible, nom du traître) côté joueurs : ça paraît évident mais on a vu des écrans où le verso révélait toute l’intrigue.

Aides de combat optionnelles : à utiliser avec parcimonie

Pour les MJ qui aiment fluidifier les combats, quelques aides supplémentaires valent leur place : une réglette de tour avec ordre d’initiative et points de vie restants, une fiche de statut pour suivre les conditions actives, et éventuellement une carte tactique à grille hexagonale ou carrée. À condition que ces outils accélèrent vraiment le jeu et ne le ralentissent pas par leur gestion.

Le test décisif est simple : si l’aide nous fait gagner du temps après deux sessions d’usage, on la garde. Si elle nous fait perdre du temps à la mettre à jour, on la jette. L’écran du MJ, comme la fiche de personnage, est un outil vivant qui se modifie au gré des campagnes. Le bon écran de la table A n’est pas le bon écran de la table B.

Scène de table de JDR vue du dessus avec écran MJ, joueurs et figurines sur carte

Questions fréquentes sur l’écran du MJ

Un écran du MJ, c’est vraiment indispensable ?

Non, des MJ excellents jouent sans depuis vingt ans. Mais il facilite la vie en cachant les dés, en regroupant les tables utiles et en signalant visuellement le rôle de meneur. C’est un confort, pas une obligation. Si on aime maîtriser à découvert pour la transparence, on s’en passe sans problème.

Écran officiel ou écran maison, lequel choisir ?

Les écrans officiels sont solides et bien imprimés, mais leurs tables sont souvent génériques. Les écrans personnalisés (impression maison sur du Bristol, pochettes plastiques type Lockwood) permettent de mettre exactement ce qu’on consulte. Un compromis fréquent : acheter un écran modulaire (Stratagem, Spellbook Cards) et glisser ses propres feuilles dans les pochettes.

Faut-il cacher ses dés derrière l’écran du MJ ?

C’est un débat éternel. Cacher les dés permet d’ajuster (un peu) le suspense narratif et de gérer les jets de perception en bloc. Lancer à découvert renforce la confiance, accélère le jeu et évite les soupçons de triche. La majorité des MJ pratique un mix : à découvert par défaut, derrière l’écran pour les jets opposés sensibles.

Comment fait-on pour l’écran du MJ en jeu en ligne ?

On utilise des onglets cachés sur Roll20 ou Foundry pour les notes secrètes, une feuille de notes locale (Obsidian, Notion, un simple .txt) pour les références consultées en permanence, et on déclenche les dés cachés via la fonction GM-roll. L’écran physique disparaît mais ses fonctions restent, simplement réparties dans l’interface.

Que mettre sur l’écran pour une partie one-shot ?

Pour un one-shot, on allège au maximum : la liste des cinq PNJ principaux, la carte du lieu central, les trois rumeurs ou accroches, les statistiques des monstres prévus. Pas besoin de tables permanentes, on a déjà tout préparé dans la trame. L’écran sert juste à isoler la zone du MJ et à protéger les rares spoilers physiques (carte d’évasion finale, par exemple).

L’écran du MJ marche-t-il pour L’Appel de Cthulhu ?

Oui, mais l’écran d’investigation se rapproche plus du carnet de bord que du paravent classique. On y met les jets de Santé mentale par type de rencontre, les coûts de blessure, les compétences clés à consulter (Repérer, Psychologie, Bibliothèque), et surtout les statistiques des entités prévues, qu’on ne veut surtout pas chercher en plein climax dans un manuel à 60 euros.

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