Gotrek et Felix : le duo de baston culte des romans Warhammer

Un nain qui court après sa propre mort, un poète qui a juré de la raconter. Pendant des centaines de pages, *Gotrek et Felix* arpentent le Vieux Monde et défoncent tout ce qui dépasse. Petit tour du duo de baston le plus attachant de la fantasy de comptoir, et de ce qu’on peut en voler pour sa table.

Il y a des duos qu’on n’oublie pas. Celui-là tient en une phrase : un nain qui veut mourir glorieusement, et l’humain coincé par un serment de tout coucher par écrit. C’est Gotrek et Felix, la série de romans qui a fait connaître l’univers de Warhammer Fantasy à une bonne partie des rôlistes francophones, souvent avant même qu’ils ne touchent une figurine.

L’essentiel

  • Le duo culte des romans Warhammer, créé par William King.
  • Gotrek, nain Tueur en quête de mort glorieuse, et Felix, poète chroniqueur malgré lui.
  • Format à épisodes et baston jubilatoire dans le Vieux Monde.
  • VF Bibliothèque interdite puis Black Library France ; commencer par Tueur de trolls.

L’univers, d’abord, pour ceux qui débarquent. Warhammer Fantasy, c’est le Vieux Monde : un continent vaguement calqué sur l’Europe de la Renaissance, où l’Empire des humains tient debout entre deux invasions, et où la menace du Chaos ronge tout par les bords. Pas de fantasy lumineuse ici. On y meurt boueux, mal payé, et rarement de vieillesse. C’est le terrain de jeu idéal pour deux types qui cherchent les ennuis avec une constance admirable.

Le duo naît sous la plume de William King. À ma gauche, Gotrek Gurnisson, nain Tueur. Le Tueur (Slayer en version originale) n’est pas une classe de prestige cool inventée pour vendre des figurines : c’est une condamnation volontaire. Un nain qui a commis une faute impardonnable, ou qui s’estime déshonoré, se rase le crâne, se teint la crête en orange, couvre son torse de tatouages et part chercher la mort la plus glorieuse possible au combat. Gotrek incarne ce truc jusqu’à l’absurde, avec un problème de taille : il est tellement doué pour tuer que la mort, justement, refuse obstinément de le prendre. Plus il cherche une fin héroïque, plus il survit. C’est tragique. C’est surtout très drôle.

À ma droite, Felix Jaeger. Humain, poète, fils de marchand, vaguement intellectuel et nettement moins suicidaire. Felix a juré de suivre Gotrek pour consigner par écrit sa mort héroïque, serment contracté dans des circonstances qu’on devine alcoolisées. Le problème : la mort ne vient pas, et Felix se retrouve embarqué pour ce qui ressemble de plus en plus à une condamnation à perpétuité. Narrateur malgré lui, plume de la postérité, et accessoirement bretteur correct quand la situation l’exige (c’est-à-dire à peu près tout le temps).

Le génie du tandem tient dans ce déséquilibre. Gotrek fonce, Felix raconte et, accessoirement, survit pour qu’il reste quelqu’un à la fin du chapitre. L’un veut crever, l’autre veut juste rentrer chez lui. Entre les deux, des trolls, des démons, des morts-vivants et une quantité industrielle de bière. On n’est pas chez Tolkien. On est dans la fantasy de baston assumée, celle qui ne se prend pas au sérieux tout en racontant, l’air de rien, une vraie histoire d’amitié bourrue.

Les romans, mode d’emploi

Pile de romans de fantasy populaires à côté d'une chope mousseuse et d'une hache, ambiance taverne

La série de William King se reconnaît à ses titres en « Tueur de… », chacun annonçant le gibier du jour avec une honnêteté désarmante. William King en a signé les sept premiers volumes, de Tueur de trolls (Trollslayer) à Tueur de géants (Giantslayer), en passant par les tueurs de skavens, de démons, de dragons, de monstres et de vampires. Le programme est dans l’intitulé : à chaque tome, un nouveau monstre à mettre au tableau de chasse, et un Gotrek toujours aussi désespérément increvable.

Côté format, les premiers volumes fonctionnent comme des recueils de nouvelles plutôt que comme un long roman d’un seul tenant. Tueur de trolls, notamment, enchaîne des histoires courtes qui suivent le duo d’un coin pourri du Vieux Monde à un autre. C’est une excellente nouvelle pour qui veut piocher : chaque épisode se lit presque indépendamment, format idéal pour une lecture en pointillé ou pour s’inspirer d’une intrigue sans avaler toute la saga.

Par où commencer

Réponse courte : par Tueur de trolls. C’est le premier, il pose le duo, le ton et le décor, et son format à épisodes permet de tâter le terrain sans s’engager pour quinze volumes. Si l’alchimie prend, on enchaîne dans l’ordre, le récit gagnant peu à peu en continuité.

Côté version française, l’histoire est un peu mouvementée. Les romans ont d’abord été publiés par la Bibliothèque interdite, dans une traduction de Philippe Beaubrun, avant d’être repris et complétés par Black Library France. Les sept romans de William King ont bel et bien été traduits en français, tome 5 (Tueur de monstres) compris. Concrètement, certains titres se chinent désormais d’occasion plus facilement qu’en neuf : un petit tour sur le marché de seconde main n’est pas du luxe avant de se lancer.

Deux pistes de scénario

Créature griffue tapie sous un vieux pont de pierre, regard luisant dans l'eau sombre, ambiance dark fantasy

Le duo est une mine pour le MJ : chasse au monstre, serment qui empoisonne la vie, tavernes louches et routes boueuses du Vieux Monde. Voici deux amorces adaptables à n’importe quel système, avec un groupe de PJ aux commandes plutôt qu’un héros solitaire. À triturer librement.

Piste 1 : Le serment encombrant

Pitch : un Tueur nain de passage recrute le groupe pour témoigner de sa mort héroïque, qu’il jure imminente, et leur paye d’avance une tournée pour sceller l’accord.

Enjeu : le nain ne meurt jamais, multiplie les imprudences suicidaires, et les PJ se retrouvent liés par un serment qu’ils n’arrivent ni à honorer ni à rompre proprement.

Les PJ : tantôt gardes du corps malgré eux, tantôt chroniqueurs forcés, ils doivent décider jusqu’où suivre ce boulet glorieux avant que sa quête de trépas ne les emporte avec lui.

Piste 2 : La bête sous le pont

Pitch : une bourgade isolée du Vieux Monde paie le groupe pour régler un « petit souci » sous le vieux pont, problème qui s’avère bien plus gros et plus affamé que prévu.

Enjeu : la créature n’est que la partie visible. Le village cache pourquoi il l’a laissée s’installer, et certains préféreraient nourrir la bête plutôt que de voir leurs secrets remonter à la surface.

Les PJ : chasseurs de monstre embauchés à la taverne, ils doivent traquer la chose, démêler les mensonges des habitants et choisir s’ils encaissent la prime ou s’ils brûlent toute la combine.

Voilà de quoi tenir une soirée ou deux. Le reste, c’est de la bière, du sang de troll et un poète qui n’a rien demandé. Exactement comme dans les bouquins.

Questions fréquentes

Qui sont Gotrek et Felix ?

Un duo de personnages de l’univers Warhammer Fantasy, créé par l’auteur William King. Gotrek Gurnisson est un nain Tueur qui cherche une mort glorieuse pour expier une honte. Felix Jaeger est un poète humain lié à lui par un serment : consigner par écrit la mort héroïque de Gotrek.

Qu’est-ce qu’un Tueur dans Warhammer ?

Le Tueur (Slayer en version originale) est un nain qui, après une faute jugée impardonnable ou un déshonneur, renonce à tout pour chercher une mort glorieuse au combat. Crâne rasé, crête teinte, tatouages : c’est une voie sans retour, et Gotrek en est l’incarnation la plus célèbre.

Par quel roman commencer ?

Par Tueur de trolls (Trollslayer en version originale), le premier tome. Son format proche du recueil de nouvelles permet de découvrir le duo sans s’engager dans toute la série d’un coup.

Les romans existent-ils en français ?

Oui. Ils ont d’abord été publiés par la Bibliothèque interdite, dans une traduction de Philippe Beaubrun, puis repris et complétés par Black Library France. Les sept romans de William King ont bien été traduits en français, le tome 5 (Tueur de monstres) inclus.

Dans quel univers se déroulent les aventures ?

Dans le Vieux Monde de Warhammer Fantasy, un continent d’inspiration Renaissance où l’Empire des humains résiste tant bien que mal à la menace permanente du Chaos. Un cadre sombre, violent et idéal pour la chasse au monstre.

Pourquoi adapter Gotrek et Felix en jeu de rôle ?

Parce que le duo concentre des ressorts ultra-jouables : chasse au monstre, serment qui complique tout, tavernes et routes dangereuses. Les pistes proposées plus haut se transposent à n’importe quel système et se confient à un groupe de PJ plutôt qu’à un seul héros.

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